« Vous me faites un peu voyager dans ma jeunesse »

Un témoignage de HJD,
né(e) le 1 janvier 1941
Mémoire recueillie à

C’est un souvenir d’enfance qui m’est resté, à ce moment là nous allions à la montagne pour le bon air. Nous y allions surtout avec une tante, qui était la sœur de papa et qui a été beaucoup là pour la famille. Elle était comme une seconde maman. Et puis c’était une sécurité, comme on allait à la montagne, c’était un chalet qui était tout seul à 1300 d’altitude. On allait aux myrtilles, il y en avait beaucoup, on allait les cueillir, mais pas au peigne ! Avec les petites mains ! Et puis l’après midi nous allions les vendre plus loin. Et avec l’argent, notre tante nous habillait, elle cousait un peu, des tabliers. Il y avait des lys martagons, c’était rare à ce moment. On avait le droit de les cueillir, il y en avait dans le petit jardin à la montagne, qui faisait juste à peine pour la saison, un petit jardin où on mettait quelques salades, des radis…qui poussaient très vite! Ca pousse très vite en montagne! Nous allions aussi aux champignons, il y avait de belles chanterelles ! Et nous avions quelques vaches qui venaient paitre, on faisait des tommes avec le lait, dans un grand chaudron en cuivre qu’on mettait sur l’âtre car nous n’avions pas de fourneau. Ca faisait des réserves pour l’hiver. On se nourrissait beaucoup de lait, de potages au lait, de polente, la bonne polente ! C’était sobre comme nourriture ! Et je me souviens que l’on chantait beaucoup, de vieux chants populaires savoyards, en famille.
Ah! Un beau souvenir de la montagne c’est le ciel bleu étoilé…parce que, ici, on ne le voit plus ce beau ciel bleu étoile, ça me manque!
Vous me faites voyager un peu dans ma jeunesse…
J’ai commencé le travail à 17 ans, dans une clinique à Paris. Dans cette clinique, c’était sympathique car, les jeunes commençaient au sous sol, elles faisaient la vaisselle par exemple. Il y en avait une qui surveillait les parapluies à l’entrée. Moi j’ai commencé par être femme de chambre, puis aide-soignante car nous avions des sœurs infirmières qui étaient comme ça (le pouce en l’air) j’étais déjà un peu dans la partie d’infirmière vous voyez.
Pour être infirmière c’est très long de passer par toutes les étapes, comme aide-soignante, mais c’est très bien parce que ça nous reste. Maintenant c’est beaucoup plus sectionné. C’était pas mal de passer par plusieurs échelons car on voit beaucoup l’ensemble tandis que chacun son petit travail comme maintenant, ça m’a gêné au départ en tant que malade. Enfin, c’était les temps voulus !
Avant d’être infirmière j’ai lu un livre où l’auteur, une religieuse, disait qu’il fallait "Une once de science, un baril de prudence, et un océan de patience". C’était bien vrai à ce moment là, mais maintenant, il faut plus de science. Mais moi je n’étais pas patiente, j’ai lutté toute ma vie avec ça.
Je me souviens quand j’étais sœur à la Croix Rouge, on racontait que dans une vingtaine d’année on opérerait le cœur, on se disait ooooooh ! Et maintenant …regardez, c’est merveilleux ce qu’on fait. Le progrès...

array(0) { }