VIE ET SOUVENIR D’UNE FEMME
Mémoire recueillie à
Je suis née le 27 août 1924 à Asson. Je suis née chez moi à Cambote, dans la maison paternel. Dans les maisons d'autrefois. Elle était petite et il n'y avait que des chambres et une cuisine. Mon grand père fabriquait des sabots, il était sabotier, comme les cordonniers actuels. Mon père était gardien de troupeaux en montagne et ma mère s'occupait de nous. A l'époque j'étais une petite fille aux cheveux chatains clairs et aux yeux bleus. J'aidais aussi mes parents dans les propriétés. J'allais à l'école à Arthez d'Asson, je me suis pratiquement élevée toute seule là bas ; j'y ai passée mon certificat et même ma communion à 11 ans.
Je me souviens d'ailleurs qu'en 1936 j'avais 12 ans, il était 5 heures du matin, je sortais les brebis dans les bois et là au milieu de l'eau en train de manger des truites, un ours brun, il a regardé vers notre direction puis il est reparti en montagne. Et moi je suis repartie de mon côté avec le troupeau. D'ailleurs à cette époque je pêchais le goujon à main nue. Et après en 1939 la guerre s'est déclarée et mon père a été mobilisé. Mon père était mobilisé à Biarritz, Maman est venue me chercher en catastrophe et elle s'est retrouvée coincée avec le troupeau de brebis et du coup elle m'a laissé toute seule avec mon père et c'est là que j'ai dû partir pour le Lot et Garonne en 1939. Et je suis restée tout le temps dans le Lôt et Garonne, parce que le grand père est décédé, 3 semaines après que je sois partie.
Par la suite je suis partie habiter à Mulas dans le (47) à côté du château de Mulas. D'ailleurs le château avait plus de valeur que la ville en elle-même. Il y a plusieurs siècles, le château de Mulas a été pris par les anglais. Je passais tous les jours devant, je l'ai même visité, il était immense et il y avait beaucoup beaucoup de visites. Ce n'est pas le même style que celui de Pau, ça n'a rien à voir mais il y en a dans ce style par ici. Le château avait plus de revenus que la ville. La ville était très belle sur une colline. C'était une grande commune, c'est magnifique là bas, c'est la plaine du Bordelais, l'été il y faisait très très chaud et l'hiver était très très froid. Je me suis mariée avec un gendarme pendant la guerre j'étais très jeune, à peine 18 ans. Je me suis mariée en 1942. Il avait déjà 4 enfants de son précédant mariage dont il a fini veuf. Il avait 3 filles et 1 garçon. Et après Josette est née en 1944, Janine en 1945, Juliette en 1947 et Alain en 1948. Je me suis retrouvée avec 8 enfants dont 6 filles et 2 garçons, et à peine à 20 ans. Après nous avons eu 4 propriétés meublées avec femme de ménage journalière, il y avait les plantations de tabac et de vignes... Après un accident de travail, mon mari a été en longue maladie et il lui fallait l'air de la montagne, alors je suis retournée dans les Pyrénées Atlantiques.
J'ai très peu voyagé dans ma vie, j'ai été à Dunkerque que nous avons traversé pour aller en Belgique, c'était pas loin il y avait juste à traverser la frontière.
