Une vie engagée dans la résistance: Partie II/Le transfert d’enfants dans la résistance

Un témoignage de Marie-Jeanne T.,
Mémoire recueillie à

Un jour nous recevons un coup de téléphone de quelqu’un qui avait sa planque à Lyon, à l’entrée du jardin de Fourvière.

Ils nous disent: il faudrait que vous montiez à Fourvière cet après-midi, que Paulette apporte son gros baigneur, et qu’elle l’habille chaudement car il y a un vent froid désagréable.

Alors nous sommes montées, on est resté un bon moment à jouer dans le jardin et à la fin de l’après-midi, ils nous ont dit, « pouppy a laissé son gros baigneur à la maison, vous l’emmènerez à la maison ». Et on m’a mis dans les bras un petit bonhomme qui devait avoir 8,9 mois. Je savais à peine faire, j’avais peur de le faire tomber.

Nous habitions rue Auguste Comte à côté de la place Bellecour et nous récupérions les enfants juifs à Fourvière. Il fallait alors les emmener à la maison sans qu’ils soient repérés.

On avait toute une bande d’enfants à la maison et ils m’arrivaient souvent d’avoir des garçons sur le bras, ce n’était pas très commode.

Le petit a rejoint sa mère, une femme juive, c’était toujours du passage, on n’avait pas le temps de s’attacher et ça c’était douloureux.

Un beau jour, on téléphone à la maison et on nous dit « il faudrait que les filles montent cet après-midi à Fourvière ». Il y avait un petit vent froid, on s’est dit « qu’est ce qui va encore se passer? »

Nous montons à Fourvière, dans le jardin, et au moment de partir, on nous met dans les bras un bébé qu’il fallait emmener à la maison. Un vrai bébé, ce n’était pas une poupée!

Il ne fallait pas le laisser tomber! Nous descendons de Fourvière, mais à côté de Bellecour, il y avait une descente qui me faisait peur. Avant d’arriver à descendre je faisais attention que le bébé ne pleure pas dans l’escalier, parce qu’il n’y avait pas de bébé dans l’immeuble.

Le plus jeune avait 4-5 ans.

Nous sommes arrivés sans trop de difficultés à la maison et le lendemain ou le surlendemain, maman passait le matin en car avec le bébé et l’a emmené dans une ferme aux environs de Lyon, du côté d’Yzeron souvent, pas trop près de la ville.

string(0) ""