Une vie engagée dans la résistance: IV/La « Maison de santé pour enfants de la ville qui ont besoin de grand air »

Un témoignage de Marie-Jeanne T.,
Mémoire recueillie à

On avait toute une maison qui gardait les enfants, on l’appelait « maison de santé pour enfants de la ville qui ont besoin de grand air « . C’était en fait tous les enfants juifs que l’on cachait ici avant de partir ailleurs.

Que voulait dire « partir ailleurs »?

Il y avait une maison entièrement consacrée à ces enfants, sous une appellation fausse mais qui risquait bien d’être découverte.

Nous avions, du côté de la nouvelle Ardèche là-bas, un brave vieux monsieur qui récupérait les enfants après qu’on les ait remis en meilleur état, bien lavés, bien propres avec leurs valises.

Ce brave monsieur est venu chercher le garçon pour l’emmener à une 20aine de kms de la Louvay. Nous avons découvert qu’en pleine Ardèche vivaient des garçons cachés en attendant qu’ils puissent être récupérés et on n’avait qu’une terreur, c’est qu’on leur demande de baisser leur pantalon et qu’on voit leur cicatrice de la circoncision.

On n’était pas fières ce jour-là. Heureusement on ne leur a pas demandé de se déculotter.

Alors dans cette maison tenue par un vieux prêtre, étaient cachés des petits garçons juifs dont on disait que c’était des petits français qui allaient rentrer en 5ème et qui n’avaient jamais fait de latin. Alors on leur apprenait « rosa la rose », les déclinaisons et les conjugaisons latines pour qu’ils puissent se débrouiller un peu et qu’on puisse les récupérer dans un lycée après.

string(0) ""