une vie bien chargée
Mémoire recueillie à
Je m'appelle Georges, je suis né en 1932 dans le grand village de Dordogne pas loin de Bergerac. Mes grands-parents, mes parents et mes sœurs sont partis sur Bordeaux en 1936.
C'était l'année du front populaire très importante en France. Papa travaillait dans une administration.
Je suis allé à l'école au Bousqua en école primaire puis, après au lycée j'avais du mal à m'accrocher. Il faut dire que j'étais très dissipé ce qui fait que j'étais collé tous les jeudi après-midi. Mon père voyant cela m'a dit: « Georges, si tu continues comme ça, ça ne va pas aller. » Il m'a donc fait rentrer dans un centre d'apprentissage pour apprendre le métier de maçon, de peintre, plusieurs métiers. Au terme de cet apprentissage, je suis entré au petit séminaire pour reprendre mes études et je suis allé jusqu'au baccalauréat. Ensuite, j’ai continué mes études à Lyon et je suis devenu prêtre le 21 décembre 1957 à Bordeaux. J’ai été prêtre dans la ville de Bordeaux et dans tout un tas de quartiers sur les quais à Pessac, à la bastille un peu partout mais uniquement auprès des personnes de milieu populaire que ce soit des jeunes, des enfants ou des adultes. Là ça a duré longtemps, plus de 50 ans et puis j'ai pris ma retraite à Pessac, une banlieue de Bordeaux. J'ai deux sœurs qui sont plus âgées que moi je suis le petit frère malgré mes 79 ans. Une de mes sœurs qui est beaucoup plus âgée, était enseignante et l'autre tenait un tabac et marchand de journaux avec son mari. Elles sont aujourd'hui à la retraite. J'ai connu la guerre de 39-45, les bombardements à Bordeaux, je me souviens très bien des sirènes qui signalaient les avions anglais qui venaient bombarder et les Allemands qui étaient installés dans le quartier où je me trouvais. On était très rationnés et je me souviens, une à deux fois par semaine, j'allais faire la queue avec les autres voisins pour avoir un quart de litre de lait pour la semaine. Il y avait des tickets de rationnement alors on avait très peu de pain, on avait de la viande très rarement. Comme nous habitions près du port Bordelais, on ne pouvait pas aller en vacances, car nous n'avions pas beaucoup d'argent mais aussi à cause des Allemands. On allait alors au parc se balader, s'amuser. J'ai fait moi-même la guerre après mon service militaire. Au moment de la guerre d'Algérie j'ai été envoyé au Maroc à Bouznika, un petit village entre Rabat Fetalah, ça a été un très bon moment parce que j'ai rencontré des Marocains qui ont été très sympathiques avec les soldats.
Depuis j'ai pris ma retraite à Pessac. J’y suis resté pendant 4/5 ans et maintenant je suis à la maison de Nay comme aumônier de la maison.
J'aime la musique, j'ai été autrefois, quand j'étais jeune, petit chanteur à la croix de bois et puis j'ai fais du piano dès l'âge de 5ans. Je chantais beaucoup, j'ai joué de l'orgue mais ça c'est ancien. Maintenant, je ne fais plus rien de cela et ma voix est la voix d'un vieux monsieur.
Quand j'étais jeune, avec les scouts et les jeunes du quartier, j'ai fait beaucoup de colonie de vacances en montagne, beaucoup de camps dans les hautes Pyrénées et même dans le Lot. J'en garde un très bon souvenir de cette époque là parce que je marchais beaucoup, j'aimais le paysage des montagnes et aussi les cabanes. Un jour, je me rappelle, on était parti avec des jeunes dans les hautes Pyrénées, le brouillard est arrivé nous cherchions la cabane du berger où nous devions coucher, nous ne la trouvions pas. Toutes les grosses pierres et les rochers qui étaient autour de nous, nous les confondions avec la cabane, nous nous sommes mis à paniquer mais nous avons quand même réussi à la retrouver.
