« Une belle époque mère de souvenirs intarissables. »

Un témoignage de Claude Cazenave,
né(e) le 13 août 1948
Mémoire recueillie à


Claude Cazenave est né à Langon en 1948 et vit à la R.P.A de St Pierre d’Aurillac depuis mai 2008.


Ma vie sur les bords de Garonne :


« J’ai toujours vécu aux alentours. Je suis resté à St Macaire jusqu’à mes quatorze ans. Aimant l’art culinaire j’ai passé mon C.A.P de cuisinier à Langon et à vingt ans j’ai intégré l’armée. Grâce à mon service militaire, j’ai beaucoup voyagé. L’Espagne, la Suisse, les Pyrénées Orientales font partie des endroits que j’ai eus la chance de découvrir étant jeune. J’avais vingt-six ans lorsque je me suis marié. La nature a bien fait les choses car elle m’a donné deux beaux enfants. Un garçon et une fille qui ont eu à leur tour le bonheur de devenir parents. Eh oui, je suis trois fois grand père !


A l’époque la Garonne était un lieu de rencontre. L’eau était propre, tellement claire que l’on pouvait s’y baigner. L’été, tout le monde se retrouvait sur les plages de gravier pour fuir la chaleur. On pouvait observer les poissons s’aventurer près de nous, on pouvait même apercevoir au bord de l’eau des lavandières. Un peu plus loin des nécessiteux prenaient leur bain.


Des bateaux longeaient la Garonne jusqu’au canal du midi en transportant avec eux tout le commerce fluvial. Tant de choses qui faisaient de la Garonne un lieu animé et convivial. Il y avait un pont métallique qui reliait Saint Macaire à Langon. Qu’il était beau ce pont ! Construit selon les techniques de Gustave Eiffel. Malheureusement il fut détruit en 1975. Pour le démembrer, les ouvriers durent placer des rouleaux sous chacun des piliers et tout en le faisant glisser du coté de St Macaire, ils le tronçonnèrent morceau par morceau. Je crois même que les restes du pont furent vendus aux pays voisins.


En 1981, j’ai vécu une des plus grandes inondations du siècle (avec celle de 1930). La crue était tellement puissante que l’eau monta jusqu’au chemin de fer. La route était submergée, les champs dévastés et le seul moyen pour les habitants de relier St Macaire à Langon était de prendre le train. La Garonne mit près d’une semaine à rejoindre son lit en laissant derrière elle, boue, déchets, cadavres d’animaux et une odeur nauséabonde. »


C’est en se remémorant quelques bons souvenirs, que Claude retrouve le sourire :


« Etant jeune j’allais pêcher sur les bords de Garonne. J’étais loin d’être un professionnel, mais j’aimais passer du temps assis sur ma chaise et le bouchon dans l’eau ! Hélas les poissons n’étaient pas toujours au rendez-vous. Qu’importe ! Car je m’y plaisais. Dans le temps il y avait des concours de pêche et tous les dimanches, des dizaines de pêcheurs amateurs se donnaient rendez-vous sur la place de l’horloge de St Macaire et c’est en fanfare, la canne sur l’épaule que nous nous rendions tous ensemble sur le lieu du concours. Je n’en ai jamais gagné un seul, j’y allais juste pour passer un bon moment avec mes amis. Tant de choses qui ont disparues avec le temps, une belle époque mère de souvenirs intarissables.»


Merci à Claude pour le temps qu’il nous a accordé et pour ces souvenirs qu’il nous a fait partager.



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