» … si tu veux arriver, comme on dit, il faut passer sur le pont ou dans l’eau « 

Un témoignage de Bernard Lefranc,
né(e) le 1 mai 1934
Mémoire recueillie à

Bernard Lefranc est né le 1er Mai 1934 et il a aujourd’hui 75 ans. Il est venu vivre à Penne en 1966 attiré par la qualité de vie et l’immensité que l’on trouvait dans les gorges de l’Aveyron. Etant jeune il a fait l’apprentissage de la menuiserie ébénisterie au côté de son père. En 1970, il s’installe à son compte à l’ancienne gare de Penne qui n’est à l’époque qu’une ruine. Il entame alors un an de travaux afin de créer son premier atelier dans la salle d’attente de la gare. Bernard nous confit que durant 28 ans d’activité, il n’a jamais pris plus de 3 jours de vacances à la suite. « Il y avait l’entreprise, mais il y avait la maison », nous dit-t-il, « le samedi on faisait des travaux, des clôtures, on coupait du bois car le fuel était trop cher […] De toute façon y a pas de secret si tu veux arriver, comme on dit, il faut passer sur le pont ou dans l’eau ». Lorsqu’il s’est installé dans les années 70, les exigences n’avaient rien de commun avec les exigences d’aujourd’hui. « Mon fils qui s’est mis à son compte […], quand je vois les feuilles de paye qu’il y a maintenant ça ne contient pas dans une feuille de cahier, ce sont des formulaires spéciaux, si jamais tu fais une erreur tu te fous dedans », s’exclame-t-il. Durant ses années d’activité, il a constaté une évolution au niveau des produits utilisés plus que dans la technique propre. « La technique n’a pas changé, c’est qu’on a trouvé des techniques de fabrication rapides et industrielles à des prix concurrentiels mais qui n’a rien à voir avec le vrai meuble fait à la main […] mais enfin ça a permis aussi à tout un chacun d’avoir un mobilier ». Quand Bernard est arrivé à Penne il avait deux enfants, un petit garçon qui venait de naître et une fille aînée qui était en âge d’être scolarisée. « Donc en temps que parents d’élèves j’ai commencé tout de suite à être impliqué dans les associations du moment, pour créer la cantine et la gérer […] et à force d’évoluer j’ai commencé à participer aux fêtes locales en aidant physiquement quand on le pouvait, financièrement ce n’était pas le cas, il nous manquait toujours dix-neuf sous pour faire un franc.[…] Puis après est venu un monsieur qui a eu cette idée de son et lumière et nous avons totalement adhéré à cette initiative qui a été heureuse certainement puisque le spectacle s’est fait pendant 20 ans […] je m’occupe aussi de l’association de sauvegarde des églises de Penne […] et à travers ça on va commencer à organiser l’exposition que nous tenons chaque année du 1er au 15 août, nous allons essayer d’obtenir des chefs d’œuvre de la part des compagnons du devoir […] et je vais essayer de développer là dessus toute la passion que pouvait avoir les gens pour construire […]. En général, j’aime bien trouver un sujet comme ça, qui réveille les consciences, ça tombe peut-être dans le vide, tant pis ».

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