Rio de Janeiro
Mémoire recueillie à
Un toc, deux toc…. « Entrez » On rentre dans l’appartement d’Emile, le lit à gauche au fond de la pièce, un bureau, un ordinateur, une table et une télévision. Emile nous invite à nous asseoir sur des chaises. On allume le dictaphone et c’est parti :
« Je m’appelle Emile, j’ai 83 ans, je suis né à Niort dans les Deux Sèvres. J’ai passé toute mon enfance là-bas.
Je passais mes grandes vacances à l’île de Ré, parce que ma mère était d’origine de cette île. Je suis allé pour la première fois à l’âge de six mois, j’ai été brûlé par les rayons UV, j’en garde des stigmates sur le crâne. A cette époque tout le monde n’était pas sensibiliser au danger que représentaient les ultraviolets.
J’étais très sportif au collège, je me souviens des séances d’abdos, du basket et de la gymnastique, le basket a toujours été mon sport préférer. On faisait beaucoup de gymnastique qui est la base de nombreux sports. Pendant les récrées, on s’occupait en faisant des abdos.
Après le bac, j’ai fais une faculté de médecine, je me suis spécialisé dans la radiologie. J’ai fais ce choix en troisième années, avant j’étais dans un service où l’on s’embêtait, c’était rasant. Dans ce service on transférait des radios, et là je me suis dit : « à c’est curieux, des radios de reins ».Sur ce, je suis allé voir le service de radiologie par curiosité, et j’ai été « kidnappé » par le service de radio, ils m’ont dit : « Rester, rester, rester, aider nous à faire des radios, nous ne sommes pas assez nombreux.». J’ai fais beaucoup de radios entre autre des reins… et c’est de la que cela m’a beaucoup intéressé, c’est pour cela que j’ai choisi de devenir radiologue.
Après la guerre, la maison de ma mère à l’île de Ré, a été complètement pillée par les Allemands, je n’y suis jamais retourné.
J’ai tiré un trait définitif sur mon passé. J’ai beaucoup voyagé pour des congrès de médecine.
Pendant 10 ans je me suis recentré sur mon travail à la clinique, j’ai fais évolué le service radiologie, qui à l’époque était peu avancé. Alors je l’ai développé, j’ai commencé tout petit et au fur et à mesure ça c’est développé. Pour que cela avance, j’étais obligé de prendre des gardes de jours, de nuits, de jours fériés.
J’ai choisi mes voyages par rapport aux congrès, j’ai voyagé dans le monde entier, à Rio de Janeiro, au Portugal, en Egypte, en Belgique... Mon plus beau voyage c’est passé dans les années 1970-1980 à Rio de Janeiro, parce que ma femme avait des la famille au brésil, à Rio de Janeiro il y avait entre autre des cousins. Avec ma femme, on est parti 1 mois là-bas, on est parti par Avion, on parti de Paris pour atterrir dans la capital du Pérou à Lima, on y est resté 2-3 jours. On a était à Cusco qui est à 3000 mètres d’altitude, au bout de 2-3 heures, on a des maux de tête, on fatigue plus vite. Je me souviens d’une balade et il sait trouver qu’un ami est tombé le long d’un mur inca et y’a des jeunes qui étaient là. Ils sont arrivés avec un petit sac plein de coca, puis ils ont fait mâcher des feuilles de coca à mon ami, et au bout de 5-10 minutes il allait mieux. Cela me rappelle aussi, que dans les hôtels il y avait des bombonnes d’oxygène.
Après on a fait Cusco à La Paz en Bolivie. Ensuite, on est arrivé sur les chutes Iguazu au Brésil. Ces chutes sont caractérisées par leurs longueurs, 2-3 km. Elles sont à la limite de trois pays, Argentine, le Brésil et l’Uruguay. Puis l’arrivée à Rio de Janeiro. Les parents de ma femme, qui sont partis au Portugal pendant la révolution française puis au Brésil 10 ans après
Accueil chaleureux par les cousins de ma femme qui parlaient français, ils ont organisaient des soirées avec des Brésiliens qui parlaient français. Un de ses cousins qui avaient un peu près 75 ans, a fait ses études de médecine à Paris, il nous a emmené nous baigné à Copacabana s’était hors saison.»
Emile s’arrête un moment pour rire.
« Il y avait déjà un tas de petits gosses qui se baignaient, ils se piquaient les vêtements entre eux, pour éviter cela, ils demandaient à l’oncle de garder leurs. Ils étaient drôles et si gentils. L’oncle avait des petits tas de vêtements devant lui, je lui ai dit : « vous n’allez jamais reconnaître à qui sont les habits », il m’a répondu : « mais si ».
A cette époque tout le monde était fous de foot. Sur la plage de Copacabana, il y avait des petits terrains de foot organisés, tout le long de la plage. Dès qu’ils marquaient un but il y avait des pétards terribles qui faisaient un bouquant terrible, on sursautait. .
J’ai voyagé aussi en Egypte, les égyptiens sont très gentils, très amicaux, même si au début on avait un peu peur de sortir tard le soir. Là-bas, il faut discuter des prix, ça fait parti des jeux, si on ne discute pas les prix, ils sont furieux, ils préfèrent vraiment que l’on discute des prix, c’est comme une « coutume ».
Un jour avec ma femme on était sur l'île Éléphantine qui est située sur le Nil, et là ma femme a eut le malheur de ramasser une fleur tombée, qu’est ce qu’elle a pas fait, tout de suite il y a deux, trois gars qui sont arrivés et ils disaient « bakchich (cadeau de bienvenue), bakchich, bakchich » en lui donnant une fleur.
Un autre jour, nous avons fait un tour sur le Nil en felouque, il y a deux gars qui sont venus avec nous. J’ai dis à un des gars : « de prendre la barre », car la barre sur une felouque c’est très, très lourd. Avant de parti sur le Nil, j’avais donné au deux gars deux livres égyptiennes pour qu’ils se les partagent. Ils étaient pas contents, ils ont fais leurs prières, ils râlaient, ma femme m’a dit : « donne leurs davantage, ils vont nous foutre à l’eau », mais je ne voulais pas, je verrais cela avec le chef. A l’arrivée, je vais voir le chef et je lui dit « Deux livres c’est pas suffisants ? » et il me répond « non, non, non, c’est pas assez », donc j’ai redonné deux livres au chef pour les deux gars mais je sais qu’il les a mis dans sa poche. Les bakchich c’est fatigants à force. Mais à part ça ils sont très gentils.
En arrivant dans le pays les guides sont très collant, il y en a partout, mais nous on a eu un guide très gentil, il s’appelait Joseph. Ils étaient pauvres, je me souviens d’un homme de l’armée en train de recoudre son pantalon sur ses genoux, en pleine rue. »
Emile se rappelant de l’homme se mit à faire un grand sourire, il nous mime les gestes.
« Si je pouvais voyager, j’irai en Angleterre, où j’ai fais l’une de mes plus belles rencontres et j’adore les anglais et c’est réciproque. Un jour on revenait d’Angleterre, on était sur le bateau qui revenait sur Saint Malo, il avait beaucoup de retard, les personnes qui étaient en face de nous sur le bateau, lui était anglais c’était un psychologue et elle était écossaise, elle était professeur de primaire. Elle était en congés depuis la veille et elle était très fatiguée. Le bateau était à l’arrêt car il était en avance, il ne pouvait aller sur le port car la marrée n’était pas au bon niveau. Ils étaient 23h et ils s’inquiétaient pour la nuit. Donc je lui ai dit de venir dormir chez nous, car on habitait à 5 minutes de Saint Malo. Et puis les voisins d’à coté, le monsieur travaillé à la télévision anglaise, il était inquiet avec sa femme car sa Volvo marché mal, je lui ai dit : « ne vous inquiétez pas je connais très bien le garage Volvo » et sûr ce je les ai invité à dormir à la maison aussi. Sur le coup de minuit, une heure, on est rentré chez moi. Grâce à ce retour en bateau j’ai rencontré des amis exceptionnels, avec eux c’est à la vie, à la mort, ils nous écrivent chaque année et ils nous disent que dès qu’ils racontent cette histoire en Angleterre, personne ne les croit. Notre plus belle rencontre. »
