Père Pendiculaire, le retour aux racines
Je suis né en 1924 à Marseille du côté de la plaine. J’ai eu une enfance qui se rapproche de l’oeuvre de l’allemand. Les messieurs de l’oeuvre, qui ont reformulé une éducation sur la devise de monsieur Allemand: »on joue et on prie ». On y faisait beaucoup de sport.
Très tôt j’ai eu le désir de de devenir prêtre mais à l’époque j’aurais voulu être missionnaire à l’ Oubangui Chari, maintenant la République Centrafricaine. Finalement je suis rentré au petit séminaire à l’âge de 13 ans. A l’âge de 16 ans je suis rentré au grand séminaire.
A ce moment-là, nous étions en plaine seconde guerre mondiale. De la terrasse du grand séminaire qui était dans l’actuelle mairie du 15ème, on voyait les bombardements prés de la gare Saint Charles où se trouvait le petit séminaire et également mon petit frère, j’étais donc très soucieux. Au final, les plus vieux du grand séminaire sont partis prendre des nouvelles au petit séminaire. Nous avons donc appris qu’ils étaient cachés dans des caves. J’étais soulagé pour mon frère.
Durant ma vie professionnelle, j’ai été professeur, aumônier, pendant 25 ans responsable de la musique liturgique, puis préfet au Sacré Cœur à Saint Barthélémy, curé au Bon Pasteur et à Allauch. En suite j’ai eu des problèmes de santé (crise d’asthme), j’ai donc dû prendre ma retraite en 1996, j’avais donc 72 ans.Maintenant à la maison de retraite je suis résident et aumônier.
J’ai touché à tout ce qui concerne la musique liturgique. Je suis un musicien, j’ai même enseigné le chant et appris à jouer de l’orgue. J’ ai également été aumônier scout, j’ai donc connu la vie en plein air car je circulais beaucoup en moto.
Mes voyages étaient essentiellement avec ma moto où j’ai parcourue toute la France et une partie de l’Italie grâce à mon poste chez les scouts. Par le biais du scoutisme j’ai aussi pu retrouver une partie de ma famille en Alsace. En fait je suis monté à Strasbourg pour retrouver les scouts dont j’étais responsable et pendant deux jours ils étaient en autonomie. J’ai décidé alors de partir en vélo dans le village de mes grands-parents à 100 kilomètres de là. J’ai donc pu retrouver leurs tombes ainsi que celles de quelques membres de ma famille. Mais aussi tous mes cousins grâce au maire et sa femme qui m’ont accueilli généreusement. D’ailleurs je suis retourné voir mes cousins en 2013 avec ma filleule.
A cause de la guerre beaucoup d’alsaciens sont partis s’installer à Marseille car ici il y avait des formations pour que ces réfugiés puissent continuer à exercer ou pour apprendre les coutumes alsaciennes.Mon père parlait bien alsacien et pratiquait aussi les coutumes mais il n’est jamais retourné là-bas.
Dans ma famille nous étions 4 enfants dont deux prêtres. Ma grande sœur est désormais décédée ainsi que mon grand frère. Seul mon frère cadet et moi-même sommes encore là. Mais j’ai beaucoup de cousins car ma mère était la sixième d’une fratrie de dix.
Ma vie été conduite par la moto et la musique mais avec le temps on doit renoncer à beaucoup de choses, non sans mal. J’ ai donc trouvé une autre passion grâce à ma collection de timbres retraçant toute l’histoire du scoutisme depuis 1900 jusqu’à nos jours. Il ne manque pas un timbre à ma collection.
Père Pendiculaire, retranscrit par Camille Zole.

