Par amour elle a connu le Niger
Elle s'est mariée à l'âge de 19 ans avec Monsieur Perdrix Jean-Louis, coopérant, qui était son professeur à l'époque.
Un an après leur mariage en 1969, ils ont pris l'avion pour le Niger suite à la mutation de son mari. Par amour, elle a tout quitté et l'a suivi.
Ils habitaient dans la ville de Niamey qui se trouve à l’ouest du Niger où Madame Bleton suivait des études d'expert comptable mais elle changea de filière car elle n'aimait pas la comptabilité. Après cela, elle décida de passer son diplôme d'assistance sociale et de conseillère d'économie sociale, qu’elle a réussi. Elle a été aussi élue comme marraine de l'organisme « Plan France » qui participait à l'aide financière pour le Niger. Elle a appris à vraiment exercer le métier d’assistante sociale pendant 3 ans à l’école de la Croix Rouge française à Saint Etienne, son contrat n’a pas été renouvelé car elle avait décidé d’arrêter de travailler pour pouvoir s’occuper pleinement de ses enfants.
Aujourd’hui encore, elle trouve qu’il y a de grosses différences de vie entre le Niger et la France en commençant par la langue parlée qui était le Français, le Jerba et le haoussa.
Chez eux, là-bas, ils avaient du personnel pour entretenir leur maison. Cela leur a beaucoup manqué à leur retour en France.
Durant ces 6 années vécues avec sa famille au Niger, elle rentra en France pour les vacances et pour les accouchements de ses deux filles car ils voulaient (son mari et elle) que leurs filles puissent posséder la nationalité française et surtout pour que leur famille ne manque pas ces évènements.
Son souvenir le plus marquant qui lui revient en premier est d’avoir vu son chauffeur nigérien qui pleurait lors de son retour en France car il s’était beaucoup attaché à elle et à sa famille, il ne voulait pas que ces nouveaux amis s’en aillent.
Elle trouve que le Niger est un pays sec, aride, qui possède une mine d’uranium qui intéresse énormément la France et beaucoup d’autres pays.
Le Niger lui a appris aussi à prendre du recul dans sa vie et sur la société sur tout ce qui concerne les conditions de vie, comme par exemple la différence entre les riches, les pauvres et les très pauvres, mais aujourd’hui elle trouve que les choses se sont améliorées pour eux par rapport au temps où elle y vivait.
A son retour en France après ces six longues années écoulées, elle a dû vite perdre les habitudes du Niger qui étaient d’avoir toujours du personnel pour s’occuper de ses tâches ménagères et autres. Mais pour elle, cela n’a pas été aussi difficile de reprendre les bonnes vielles habitudes de la vie en France qu’elle avait laissées.
Sa fille ainée est décédée à l’âge de 37 ans suite à un cancer ce qui a choqué Madame Bleton et l’a fait tomber dans une terrible dépression. Elle a été placée en maison de repos pendant trois mois. Mais après, le médecin s’est rendu compte qu’il s’était trompé et qu’enfin de compte Madame Bleton souffrait d’une maladie neurologique. Suite à cela, son ex mari et sa fille lui ont conseillé d’entrer en maison de retraite. Se sentant obligée au fond d’elle-même, elle accepta. Sa maladie neurologique l’empêche de se servir de ses jambes et elle ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant depuis maintenant un an.
Elle a choisi l’Astrée car cette résidence est, avant tout, une maison médicalisée et dotée d’une bonne réputation concernant l’accompagnement aux traitements médicaux.
Cependant, elle est restée en très bon terme avec son ex mari, qui lui s’occupe de vendre sa maison pour qu’elle puisse compléter ses économies et bien sur, en laisser à sa fille Murielle et ses deux petits enfants.
Madame Bleton aime beaucoup la nature, les animaux sauvages, la lecture et pratique des cours de kiné en résidence qui lui font beaucoup de bien.


