On doit se mettre dans le vent avec les jeunes !

Un témoignage de Jannine Bejda,
né(e) le 17 janvier 1939
Mémoire recueillie à

« Aujourd'hui on sait où on est mais où va t-on? Qui n'a pas peur de nos jours de ce qu'il se passe autour de nous? …


Ce qui m’a marquée et me réconforte, c’est l'élection de Barack Obama. Il représente l'espoir, il est plus humain, plus compréhensif et défend ses citoyens. J'aurais aimé qu'il y ait
un président comme ça en France.


Quand j'avais 20 ans, j'étais déjà mariée, on n’avait rien mais on était plus heureux comme ça, avec des choses simples. A l'époque on se contenter de peu. Ma mère travaillait dans les champs et moi je gardais ma petite sœur qui avait 3 mois. A la maison on avait 80 bêtes, entre temps il fallait aller chercher de l'herbe pour les nourrir et on était heureux, parce qu'on avait une occupation et en même temps, on se faisait plaisir. Je me souviens qu'on allait ramasser des pommes de terre dans les champs et on se faisait de l'argent de poche ! Il y avait aussi plus de solidarité. J’avais une voisine qui vivait toute seule et qui était malade. Je lui laissais mon petit garçon pour l’occuper et comme ça elle pensait moins à son cancer. Je lui nettoyais sa chambre, et lui faisait ses courses, au moins il y avait de l'entraide, de la solidarité. Aujourd'hui toutes ces valeurs se perdent, sauf avec vous, les jeunes d’Unis Cité. Vous nous aidez indirectement à surmonter certains obstacles grâce à votre bonne humeur et vos animations dans le foyer. Ici il y a des personnes qui sont seules, sans proches ou familles pour leur rendre visite et les écouter, elles sont malheureuses.



La période qui m’a le plus marqué, c’est quand j’ai participé en tant que bénévole aux Restos du Cœur pendant 15 ans au Centre Dumas à la Grande Résidence. C'est là que j'ai usé ma santé à force de porter des caisses ! Mais je n'en suis pas mécontente. C’était une belle aventure car on rencontrait beaucoup de gens. Durant 1 an, je suis allée aussi rencontrer les enfants et jeunes de l'IME Malecot pour aider bénévolement.
Vous savez mes parents étaient polonais donc il y a des événements dont je n’ai pas de souvenir, comme par exemple Mai 68. J’en ai entendu parler mais comme j’habitais la campagne, il n’y avait pas tous ces journaux comme aujourd’hui. Et puis j’ai vu la chute du mur de Berlin comme tout le monde à la télévision mais des choses comme ça je ne m'y intéressais pas beaucoup.
En fait, je m'occupais pas trop de la politique je préférais plutôt écouter des artistes comme Henri Salvador, Maurice Mariano, Dalida, Mike Brant. Aujourd'hui je trouve que les chansons de maintenant c'est plus vraiment de la musique. Avant les chansons étaient pures, comme celles de Gilbert Bécaut.
Toutefois, j'aime bien découvrir tout ce qui est moderne comme la Tectonique parce que j'ai des enfants, et petits enfants et j’aime apprendre et partager avec eux.


Ce n’est pas parce qu'on est âgée qu'il faut écouter des vieilles chansons ! On doit se mettre dans le vent avec les jeunes ! »

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