On a été bien élevé
On m'a toujours appelé Pierre mais mon vrai prénom est Charles, comme mon père et mon oncle. Quand je suis né, ma mère a dit « surtout ne l'appelez pas Charles ! Appelez-le Pierre ! ». Mon père m'a quand même déclaré sous le prénom Charles, sans en parler à ma mère bien sûr. Ironie du sort, on m'a toujours appelé Pierre!
J'ai une sœur qui a deux ans de plus que moi et nos rapports sont très bons.
Mon père a fait construire une maison à Marolles en Hurepoix dans l'Essonne, où j'ai vécu toute ma vie. Au fil des années j'ai apporté ma pierre à l'édifice et l'ai agrandie. Nous avions un vaste jardin avec un potager, c'était très agréable de manger ses propres récoltes. Je suis allé à l'école jusqu'au certificat d'études et ensuite, à 15 ans, au travail ! J'ai fait ma formation dans une grande maison de production de graines à Brétigny-sur-Orge. J'adorais mon travail d'employé grainier même s'il me prenait du temps au détriment de ma vie privée. En effet, il m'a permis de voyager en Italie, en Hollande et en France, surtout pour visiter les cultures. Lorsque le cultivateur nous rapportait ses graines, on les nettoyait, les passait en germination et enfin on les mettait en sachets pour la vente. Certes j'aimais mon travail mais j'étais quand même content d'arrêter après 43 ans d'activité !
En 1954, à 26 ans, j'ai eu mon permis de conduire du premier coup. A l'époque c'était vraiment facile de l'avoir et en plus c'est mon entreprise qui me l'a payé. Ma première voiture était une quatre chevaux Renault mais j'utilisais une 4L lors de mes déplacements professionnels.
J'ai effectué mon service militaire en Allemagne en 1948 en tant que secrétaire de compagnie (11e compagnie dans l'infanterie). J'aurais voulu que le service militaire obligatoire perdure car la discipline manque à certains.
Aujourd'hui, il y a chez les jeunes des bons et des mauvais … comme partout !
Il faut dire que ce n'est plus la même éducation. Les parents sont beaucoup moins disponibles qu'avant et les bons professeurs ne sont plus très nombreux. Petit, j'étais très sage : j'avais 10/10 en conduite mais cela ne m'a pas empêché de faire quelques fois l'école buissonnière.
Ma sœur et moi avons été bien « dressés ». Mes parents étaient sévères, par exemple, il ne fallait pas traîner les rues après l'école ou parler à table. Je ne regrette rien, on a été bien élevé.
Aujourd'hui, la vie est quand même plus simple et moderne. Il y a eu des améliorations, plus de vie dans les communes.

