Nos vacances à sept sous tente
Mémoire recueillie à
« Je m’appelle B. Je suis née aux Alleuds près de Brissac dans le Maine et Loire. J’aurai 71 ans au mois de mai. Je vis à la résidence Pablo Picasso depuis un an maintenant.
Mme B. commence à nous raconter son enfance tout naturellement.
J’ai passé ma jeunesse avec mes parents dans une maison de campagne. Tous les jours, à partir du moment où j’ai quitté l’école et lorsque j’ai obtenu mon certificat d’études à 14 ans, j’aidais mes parents à la ferme. J’aurais pu entreprendre des cours ménagers à Brissac mais comme je n’avais pas de frères mon père m’a demandé de travailler avec lui dans les champs. L’année de mes vingt-trois ans j’ai rencontré mon mari et nous nous sommes unis. Je me suis ensuite consacrée à l’éducation de mes cinq enfants et ai donc cessé mon activité professionnelle. Je n’ai pu reprendre à travailler que lorsque mon dernier enfant a atteint l’âge de seize ans et a trouvé un apprentissage. Pour payer la maison je me suis remise à travailler, c’est comme ça que j’ai fait des ménages chez les particuliers ce qui me plaisait beaucoup.
Durant ma jeunesse, j’ai eu peu de temps libre à ma disposition et peu d’occasions de sortir. Parfois, je faisais du théâtre pendant les patronages grâce au curé de la paroisse. Tous les habitants du village venaient alors voir notre spectacle le samedi soir. Par le biais de la paroisse et du curé je suis partie pour la première fois quelques jours en voyage à Lourdes. J’avais alors quinze ans. Nous nous sommes rendus là-bas en car. Nous étions autant de filles que de garçons. Vous pouvez imaginer que c’était la fête, parce qu’à l’école même si la classe était mixte, les filles et les garçons étaient séparés lors de la récréation, par un grillage.
Mme B. nous raconte à présent les vacances qui lui ont permis de dépasser nos frontières.
Nous sommes partis en Espagne grâce à nos voisins. Ils nous ont demandé si nous voulions partir avec eux parce qu’il restait deux places disponibles dans le car. C’est comme ça que nous sommes partis en voyage organisé pendant une semaine. Le voyage en car m’a marquée car il nous a permis de voir de très beaux paysages, des montagnes et puis ça tournait dans tous les sens. Nous sommes allés sur la Costa Brava (nom donné à la côte espagnole sur la mer Méditerranée).C’était la première fois que je partais à l’étranger. On avait de la nourriture à gogo. On nous donnait beaucoup plus à manger que notre estomac pouvait ingurgiter. Le temps a quant à lui toujours été très agréable.
Ce voyage a été important mais, nous sommes également partis plusieurs années de suite en vacances sur l’Ile de Ré. Nous dormions sous toile de tente. Le matin, en général nous faisions des courses et en fonction des marées nous allions ramasser des coquillages. Nous sommes aussi allés visiter le phare de l’île. Nous choisissions toujours l’île de Ré car nous étions sûrs de toujours trouver de la place dans les campings. Nous y allions toujours avec nos cinq enfants. Le plus dur était de faire à manger pour nous sept tous les jours. Nous dormions tous sous la même tente au début. Puis, les années se sont écoulées, mon aîné eu sa propre toile de tente et ainsi de suite jusqu’à ce que mon mari et moi soyons seuls sous tente.
Nous lui demandons alors si la tente n’a pas d’inconvénients car quand il fait trop chaud ou encore quand il pleut cela peut être gênant.
Au contraire, j’aimais bien qu’il pleuve parce qu’on était tous au chaud sous la toile de tente.
Ce que j’aimais particulièrement quand j’étais en vacances c’était aller à la plage même si je n’aime pas aller dans l’eau. Je ne sais pas nager donc je ne faisais que tremper mes jambes dans l’eau. En plus, l’eau de la Côte Atlantique est froide. Nous restions, mon mari et moi tranquillement sur la plage à surveiller tous nos enfants même si nos aînés étaient alors grands. »
Notre entretien prend alors fin. Mme B, pour terminer nous dit que même si elle ne s’imagine plus effectuer de grands déplacements elle apprécie toujours participer aux sorties organisées par la résidence.
