Mr Salesses et le service militaire

Un témoignage de François SALESSES,
né(e) le 20 août 1921
Mémoire recueillie à

J'avais 18 ans à la déclaration de guerre, je travaillais pour l'armement comme mécanicien à la cartoucherie de Toulouse. Je travaillais en trois huit.
Le 10 mai 1940, c'est l'attaque des allemands, qui durera jusqu'au 17 juin 1940, puis l'armistice est signé. Il y a les demandes en S.T.O (service du travail obligatoire). Mais je m'engage dans les armées d'Afrique. A 20 ans, je fais mes classes militaires à Fès, puis je suis nommé au 56ème régiment de Marrakech.
Le 8 novembre 1942, les américains arrivent, durant trois jours une bataille s'engage. Le 11 novembre 1942, un cessez-le-feu est décidé. De là, je m'engage comme mécanicien et part pour les Etats Unis. Le 27 août 1943 je pars de Marrakech à 20 heures. Le 28 août 1943, j'arrive à Casablanca à 6 heures 30, je suis affecté au C.F.P.M.A comme élève mécanicien. Je reste trois semaines à Casablanca : la vie à la base n'a rien de charmant, malgré tout l'ambiance d'un proche départ nous fait oublier tout ces petits ennuis (Père Noël américain). Le 18 septembre 1943 : départ de Casablanca à 16 heures, on quitte la ville blanche sur un bâtiment américain nommé Liberty ship. Quelques heures après, les derniers feux de l'Afrique sont invisibles. Om met le cap vers l'Ouest. Les trois premiers jours de traversée la mer est déchaînée, le bateau est secoué par un roulis continu; pour ma part je me comporte assez bien, mais beaucoup de mes camarades sont très malades. Enfin le mauvais temps se calme et nous apercevons notre convoi qui se compose de plusieurs bâtiments qui regagnent l'Amérique (environ une cinquantaine). La marine de guerre est présente ainsi qu'un porte-avion où décollent de temps en temps des avions. Ces manœuvres nous captivent et enlèvent un peu de monotonie à notre voyage.


L'emploi du temps à bord est réglé militairement.
6 h 30 : Réveil suivi du petit déjeuner, café au lait - biscottes.
9 heures 20 : Rapport, répartition du succinct travail à bord qui consiste au nettoyage du bateau. 11 heures 30 : Cours d'anglais par le commandant Hamilton. Nous apprenons par le commandant du bateau que toutes les cinq minutes nous zigzaguons pour éviter les mines.
A 12 heures : Repas qui nous est servi sur un plateau comprenant légumes, viande plus un dessert et un café (pas de pinard) mais combien de différence avec la rata que nous mangions.
Le 21 octobre 1943, nous sommes dans la baie de Norfolk, état de Virginie: vers 13 heures nous sommes sur la terre américaine, à 18 heures nous quittons Norfolk où nous nous dirigeons vers la gare. Nous nous installons dans des Wagons confortables avec couchette pour un long périple. (combien cela nous change : en France 40 hommes par wagons de marchandises avec de la paille). Au bout d'un voyage de 48 heures, nous arrivons à Lincoln dans le Nebraska, où nous serons incorporés dans une école de mécanicien avion.
Pendant 6 mois, je reste dans le Nebraska, on apprend sur les nouveaux avions. J'ai plusieurs affectations en tant que mitrailleur, pilote ou mécanicien. Puis je pars près de New York où il y a de nouveaux sites d'avions, le Farmindal.
Enfin je retourne en Afrique du Nord. J’arrive à Oran, je passe par Gibraltar, après je pars pour Mekhnès, dans une école d'entraînement de pilotes. Je pars sur le front, une partie du contingent part en corse qui a été libérée avant la France, ceci jusqu'en 1946, année ou je suis démobilisé.
Après je suis revenu à Toulouse, où j'ai fais carrière à Arsenal. J'ai une retraite militaire en tant que sergent. A savoir, que je n'ai pas eu de nouvelles de ma famille jusqu'en 1945.

array(0) { }