Mon premier emploi

Un témoignage de Yvonne LAVIGNASSE,
né(e) le 7 mars 1931
Mémoire recueillie à

Je vais vous parler de ma 1ère expérience professionnelle, je devais avoir 16 ou 17 ans, je suis rentrée dans une pharmacie ici à Pau place Gramont. C'était vraiment quelque chose de très ancien comme au début du siècle, les médecins faisaient les ordonnances avec noté dessus la façon de préparer le remède, remède qui était préparé par un préparateur. Dans cette pharmacie il y avait donc le préparateur, le patron qui était pharmacien, une caissière qui travaillait uniquement l'après midi et puis moi qui était là pour faire un petit peu de tous. Je faisais les courses, la caisse le matin etc... Tous les employés était des personnes âgées au départ je m'ennuyais énormément, c'était quelque chose d'épouvantable. J'avais aussi des choses à faire qui était plutôt... c'était mon cauchemar. Par exemple il y avait les colis qui arrivés dans lesquels se trouvaient des sangsues parce qu'à l'époque on soignait les gens avec des sangsues. Il fallait donc les compter, les mettre dans un bocal, vider l'eau assez souvent au moins toutes les semaines, enfin c'était mon boulot et ça c'était un cauchemar pour moi. Heureusement qu'il y avait des courses à faire, que je faisais en vélo puisque j'arrivais de Jurançon jusqu'à la place Gramont donc je m'en occupais. A l'époque c'était le tout début de la pénicilline donc j'allais chercher les flacons à l'hôpital, quand les clients en avaient besoin, qui était au Cours Bosquet en ce temps là. Nous n'avions pas le choix ne possédant pas de réfrigérateur afin de pouvoir les garder en stocks. Il y avait quelque chose de très intéressant aussi et de particulier c'était le lundi matin sur la place Gramont. Il y avait le marché à la volaille, mais de la volaille vivante et ils venaient peser leurs volailles sur la bascule de la pharmacie. Il y avait des plumes partout, il fallait donc nettoyer mais c'était rigolo. Par contre ce qui m'embêtait beaucoup c'était le dimanche de garde ça nous arrivait souvent puisque à l'époque sur Pau il n'y avait pas beaucoup de pharmacie donc tous les deux mois je devais travailler le dimanche. Cela me gênait beaucoup, car mes amis allaient danser c'était après la guerre, il y avait des bals partout c'était une ambiance survolté de ce côté là. Le plus amusant c'est que j'ai eu ce poste complètement par hasard car j'avais une formation de sténodactylo-comptabilité donc je cherchais du travail, et comme mes parents ne voulaient pas me laisser partir sur Paris afin de passer des concours à la Poste, étant fille unique il en était hors de question. Donc c'était ma tante qui connaissait une pharmacienne qui lui avait dit que je cherchais quelque chose, j'étais un peu jeune pour être sténodactylo je n'allais pas trouver. Alors je suis rentrée là pour travailler, je faisais des écritures aussi car l'après midi il fallait tout remettre en ordre dans un registre, en détaillant les ordonnances c'était quand même assez contrôlé. Autrement la préparation était faite pas un préparateur c'était un vieux monsieur survivant de la guerre de 14 avec un béret sur la tête, il me semble qu'il descendait souvent à la cave boire un peu d'alcool à 90°. Je me demande d'ailleurs comment il faisait pour ne pas se tromper dans les dosages des ses préparations. Mais j'ai vécu cette époque bizarre car il n'y avait pas de choses modernes, la pharmacie était noire et poussiéreuse. Mais on faisait beaucoup de sirop à l'époque, je me souviens on faisait la préparation dans des grandes bassine avec du sucre et tous les ingrédients. Je suis resté à cette pharmacie pendant 4 ans. Après je suis partie à Marseille car je me suis mariée c'était une bonne raison pour partir. Là j'ai travaillé dans une grosse entreprise de sténodactylo, j'y suis resté que 6 mois car cela ne me plaisait vraiment pas, il me fallait le contact avec les gens. Je voulais pas rester dans un bureau pour moi ce n'était pas possible. Je suis donc rentré dans un commerce où j'ai travaillé jusqu'à la fin.

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