Mon enfance

Un témoignage de Madeleine Oestorreich,
né(e) le 8 avril 1927
Mémoire recueillie à

Avant la guerre, j’habitais à la campagne à Sarrebourg, dans un village de deux milles habitants. On se levait à six heures pour aller à l’église puis à l’école, ce n’était pas loin de la maison. En classe, quand on n’écoutait pas la maîtresse on restait une heure supplémentaire à l’école. Une fois alors que j’étais en retenue, je me suis sauvée par la fenêtre et je me suis enfuie chez mon grand-père. Je lui ai dit que la maîtresse m’avait donnée une retenue d’une heure. Il m’a demandé pourquoi et je lui ai répondu que c’était parce que je n’avais pas écouté en classe. Le jour d’après j’ai mis de l’encre sur les cheveux de ma copine et j’ai encore eu une heure de retenue, mais cette fois je n’ai pas pu me sauvée. Après l’école, j’allais chez une tante qui avait deux enfants, pour faire du baby-sitting. Une de mes tantes vendait du lard, elle m’accusait toujours de le manger alors une fois j’ai ouvert la porte et je lui ai fait remarquer que ce n’était pas moi qui mangeait le lard, mais les allemands : elle vendait le lard deux fois plus cher aux allemands qu’aux français alors que c’était interdit.


Pendant la guerre j’étais logée, avec ma grand-mère, chez un couple d’allemands qui habitait en Moselle avec trois enfants, l’un d’eux voulait toujours dormir avec moi mais mon lit était trop étroit. Le couple avait un jardin qu’il fallait arroser.


Après la guerre je suis retournée chez mes parents, puis j’ai déménagé à Strasbourg. Là bas, j’ai rencontré mon mari à la foire. On s’est marié le quatorze février. On vivait dans un appartement au 5éme étage. Mon mari allait souvent chasser à Benfeld.


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