« Mon dieu, soyez heureux »…
Mémoire recueillie à
Je suis née le 10 Mars 1920 en Italie dans une petite ville qui se nomme Sora, située à 80 km de Rome. J’y ai vécu 2 ans avec mes deux parents. Mon père était maçon et ma mère vendait des fleurs. Mais sous le régime de Mussolini, mon père a quitté l’Italie afin de s’installer en France et plus précisément à St Roman-Le-Puy dans la Loire, pour y exercer le métier de verrier. C’est grâce à ce contrat de travail que mon père a pu fuir l’Italie. Ce n’est que deux ans après que ma mère, mon frère et moi-même avons pu le rejoindre. Le départ fut très difficile pour moi, je revois encore la maison de mes parents ainsi que le cours d’eau qui passait devant.
Durant trois ans, mon père a construit une maison, ainsi qu’un café-restaurant au cœur de Lyon. Je travaillais souvent au restaurant pour aider mes parents -je lavais les verres-, ce qui m’a empêchée d’aller à l’école régulièrement. Ma mère aidait au restaurant et exerçait sa passion pour les fleurs en les vendant dans la rue. Quand j’avais 9 ans, mon père est décédé, ce qui a déstabilisé la famille : ma mère s’est remariée rapidement avec un homme différent de mon père qui travaillait peu et qui passait son temps à jouer.
Quelques années après, vint la guerre, durant laquelle je me suis mariée. A cette période, j’ai vécu avec ma belle-famille qui habitait en Haute-Savoie dans une ferme. C’est à cette époque que j’ai eu deux enfants qui ont aujourd’hui 63 et 61 ans. Mon mari était chauffeur-routier, de ce fait, on se voyait peu. Après quelques problèmes, nous avons divorcé au bout de 8 ans de mariage.
Peu après, j’ai crée ma boutique de fleurs à Lyon, Cours de la République, grâce à la passion que ma mère m’a transmise pour les fleurs. Petit à petit, j’ai réussi à développer mon commerce, ce qui m’a permis d’ouvrir d’autres magasins dans Lyon. Au fil des jours, en achetant mes fleurs, j’ai eu le coup de foudre pour un vendeur de fruits et légumes. A partir de là, j’ai vécu 16 ans de bonheur avec mon compagnon. C’est à la suite d’un cancer que nous fûmes séparés. Cette rencontre fut pour moi le plus beau souvenir de ma vie.
Toute ma vie, j’ai voyagé, principalement dans l’Italie et j’ai pu voir les villes de Rome, Florence, Palerme…. C’est grâce à ma tante que j’ai pu découvrir mes origines.
A toute personne qui lit ce récit : « Mon dieu, soyez heureux »…
