Mes voyages du côté de l’Extrême Orient
Mémoire recueillie à
Mme Candide nous reçoit avec simplicité et répond avec plaisir à nos questions. Mme Candide est née en région parisienne et nous raconte qu’elle a été une habituée des voyages dès l’âge de 6 ans.
« Mon père travaillait pour une société qui construisait des poteaux électriques ainsi, nous allions de communes en communes. J’ai pu voyager à travers toute la France. A 6 ans nous sommes allés, mes parents et moi à Luchon. Ensuite, nous nous sommes déplacés à Riscle dans le Gers puis à Montauban où j’y ai pris l’accent du midi. Cela m’a causé de petits soucis puisque à mon arrivée à Landerneau dans le Finistère mes petits camarades de classe se moquaient de ma façon de parler. Après, nous sommes arrivés dans la Sarthe pour partir ensuite à Segré, à Montrevault, à Saint Florent le Vieil et enfin à Ancenis. La compagnie de mon père lui a alors confié un bureau fixe afin de contrôler les chantiers de construction des poteaux. C’est comme ça que je suis restée dans cette ville. J’y ai rencontré mon mari. Nous sommes restés là-bas jusqu’à ce qu’il soit à la retraite. Il était instituteur. Une fois à la retraite nous sommes venus à Angers pour être près de nos enfants qui sont eux-mêmes devenus instituteurs. »
Mme Candide commence alors à nous parler des ses nombreux voyages.
Avec mon mari nous faisions un voyage chaque année et en général l’été ou au printemps. Le voyage qui m’a le plus marqué est la Chine. C’était un voyage organisé. Nous sommes partis avec un couple d’amis instituteurs. Nous y sommes allés au moment où il n’y avait pas du tout de voitures. Tout le monde utilisait le vélo. C’était juste un an avant les évènements de Tien An men en 1989.
Je me souviens que des habitants, en creusant la terre avaient découvert de magnifiques statues de soldats en terre cuite. Il en a été question d’ailleurs dans la presse. Les paysages étaient vraiment magnifiques. On a vu beaucoup de misère, beaucoup de quartiers pauvres. La population locale était cependant accueillante.
Mme Candide nous raconte une anecdote qui l’a marquée.
Je me souviens qu’un chinois a prêté son vélo à mon mari pour qu’il puisse se mêler à la foule de cyclistes. C’était impressionnant de le voir se mêler à tous ces vélos. En l’espace de quinze jours de voyage on a dû voir quatre voitures en tout. On nous a dit qu’elles étaient réservées aux « officiels ». Maintenant ça a dû changer, les gens qui voyagent là-bas doivent être moins dépaysés et les vélos ont dû laisser place aux voitures.
Lorsque nous évoquons avec elle la nourriture du pays elle nous répond spontanément : La nourriture locale n’a pas été un problème pour moi, j’aime bien le riz ! On avait gardé nos fourchettes et nos couteaux qu’on nous avait donnés dans l’avion parce que c’était dur de manger avec des baguettes mais on essayait quand même. Ca nous faisait beaucoup rire.
De la Chine, j’ai rapporté du tissu pour que la couturière puisse me réaliser un ensemble et puis aussi de la peinture sur soie que j’ai fait encadrer. »
Avant la Chine, nous sommes allés en Russie toujours en voyage organisé : huit jours à Moscou et huit jours à Stalingrad (renommée depuis Volgograd). C’est là-bas que j’ai acheté ma bague en ambre ainsi que mon collier que je porte encore aujourd’hui. Mme Candide nous explique alors que l’ambre a de nombreuses vertus et qu’elle aide par exemple à réduire les rhumatismes.
Nous sommes allés aussi en Turquie, au Sri Lanka, en Thaïlande où j’ai fait du parachute ascensionnel. Même si je n’étais pas trop rassurée, parce que je devais être en hauteur j’étais curieuse de tenter l’expérience. Au lieu de tomber sur la plage, mon parachute s’est posé sur la mer. Un jeune qui s’occupait du matériel est venu me chercher et m’a mise sur son dos pour m’amener au sec. Il avait peur que je me sois faite mal et me répétait : « Pleure pas Madame ! Pleure pas Madame ! » moi, je riais à pleine dent. Ma jupe était toute trempée mais ce n’était pas important parce que, comme il faisait chaud elle a séché très vite. »
Pour terminer notre interview, Mme Candide nous montre sur la porte de sa chambre toutes les cartes postales que sa famille lui a envoyées et nous explique qu’à travers ces cartes elle continue de voyager.
Le dernier grand voyage qu’elle a effectué avait pour destination la Norvège.
Nous lui demandons, même si elle a visité de nombreux pays, où souhaiterait-elle partir aujourd’hui. Elle nous répond avec enthousiasme que même si aujourd’hui, elle n’a plus forcément envie de faire de grands déplacements tous les pays l’intéressent car elle aime toujours se déplacer pour rendre visite à ses enfants et est toujours aussi curieuse de découvrir de nouvelles choses.
