Mes voyages avec l’Université Angevine du Temps Libre

Un témoignage de ,
Mémoire recueillie à

Nous rencontrons Mme Morier dans sa chambre. C’est avec plaisir qu’elle nous raconte son histoire.


« Je suis née en 1920 à Savennieres mais j'habitais Angers avec mes parents. J'ai une soeur ainée de 6 ans de plus que moi et un petit frère, j'avais 8 ans et demi quand il est venu au monde. Nous passions nos week end chez nos grands-parents à Savennieres. Nous y allions à vélo. Je retrouvais des copines de mon âge et nous jouions à tricoter avec des aiguilles en bois. Tout le monde se connaissait, j’aimais passer du temps là-bas. Mes parents tenaient un commerce rue du mail, dans le centre d'Angers. Plus tard, quand mon père approchait de la retraite ils ont acheté une maison rue st Léonard. Ce n'etait pas les grands appartements comme maintenant, il y avait des grands terrains avec de la verdure. Je me suis mariée à 29 ans puis j'ai eu une fille, elle est née en 1951. Elle est maintenant professeur de français.


J'ai quitté l'école à 12 ans et demi, au debut de l'année 1933 j'allais chez les religieuses. J'aurais voulu continuer l'ecole mais comme ma soeur ne l’avait pas continué je n'ai pas eu le choix. J'ai tout de même eu mon certificat d'études libre. J'ai commencé mon premier travail en faisant le ménage dans une bijouterie. Trois ans après j'ai été licenciée car la boutique n'allait pas fort. Dejà jeune j'ai eu l'experience des difficulés. Puis j'ai suivi deux mois de formation pour devenir sténodactylo pour apprendre à taper à la machine. J'ai donc été employée dans ce milieu au service des courriers. Puis j'ai gravé les échelons et j'ai trouvé un poste de sténodactylo pour les naissances. J'aimais bien le changement dans mon travail, j'ai donc touché à la comptabilité. Ensuite j'ai trouvé une place dans l'entreprise " Riobé-Barbarie " l'atelier était rue Boisnet, le magasin de confection place du pilori. Après la guerre l'entreprise a fermé, c'était en 1956. Nous étions une centaine de personnes à être licensiées dont mon mari et moi. Beaucoup de petites fabriques ont fermées. En tant que mère de famille il m'a été difficile de trouver un nouvel emploi. Avec mon mari nous avons donc décidé de monter notre propre atelier de confection d'uniformes sur mesure avenue de La Benardiere. Nous avions environs 6 ouvriers. Cela a duré 20 ans. J'aimais beaucoup mon travail. »


Mme Morier nous raconte qu’elle a profité de sa retraite pour rejoindre le foyer « notre dame bel accueil » rue pré-pigeon pour apporter de l’aide aux personnes sans abris. Cela lui à permis de se rendre utile et d’avoir l’esprit occupé. Puis, elle nous raconte son expérience des voyages.


« Mon mari n'aimait pas voyager, nous avions juste notre petite maison de campagne au Ponts de Cé. Il nous arrivait de partir en vacances dans le massif central. Nous faisions beaucoup de randonées.


Puis j’ai visité le monde avec l’Université Angevine du Temps Libre « UATL ». Je suis allée à Londres et en Irlande car mes deux petites filles travaillaient là-bas. Je suis partie deux fois en Tunisie dont une fois avec ma sœur. Nous avons été surprises par le nombre de jeunes. J’ai aussi visité la Russie,c’était un beau voyage. Nous avons fait la nuit blanche à Moscou, c’est quand on voit le soleil à minuit. Nous avons vu une grande exposition sur les appareils de l’espace, c’était avant les premiers pas de l’homme sur la lune. Dans les environs de Moscou il y a aussi un château crée par un tsar, on dirait un petit Versailles.


Mais mon plus beau voyage a été New York. Nous avions pris l’avion au départ d’Ancenis, nous étions 60-70 personnes environ. Nous avons visité plusieurs musées, des châteaux, l’ONU, la statue de la Liberté mais aussi le Bronx. Nous avons aussi fait un tour en hélicoptère, j’ai trouvé cela moins beau car il y a des choses que je n’aurais pas aimé voir, le paysage n’était pas très beau. Nous avons aussi vu un spectacle à Manhattan, c’était une pièce de théâtre sur la vie parisienne en mi-français mi-américain. Les danseuses imitaient celles du moulin rouge. C’était une soirée sensationnelle. Je me souviens d’un château que nous avions visité. C’était un grand château en pierre qui a été reconstruit là-bas. Chaque pierre était numérotée. C’est un homme richissime qui a fait transferé ce château jusqu’à New York. Nous allions souvent nous promener à central park, les ecureuils vous saute à travers les jambes quand on marche.


J’aime voyager mais pas pour trop longtemps, je n’aime pas méloigner du cercle familial.»

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