Mes passions : mon métier et le tennis

Un témoignage de Odette C.,
né(e) le 30 mars 1924
Mémoire recueillie à

"J’ai eu une vie agréable, J’ai toujours été bien entourée et j’ai eu l’occasion de pratiquer beaucoup d’activités.


Auparavant, j’exerçais le métier de Conseillère Principale d’Education (CPE). J’en ai eu tellement de satisfaction que je ne voulais pas le quitter. J’ai donc fait une demande pour prolonger mon activité après 65 ans, qui est l’âge de la retraite. Cependant, pour l’administration, ce n’était pas possible de continuer, ceci pour des questions de responsabilité, d’argent… Certaines personnes sont contentes de partir à la fin de leur carrière, pour ma part ce n’était pas le cas.


Le CPE est anciennement le Surveillant Général d’Education d’un lycée. Son rôle est autant auprès des élèves que des professeurs, ainsi que tout le reste du personnel du lycée (concierge, ouvrier d’entretien, infirmier…). J’aimais beaucoup ce métier et je m’entendais bien avec mes collègues. Quand on vit en groupe pendant longtemps, on a du mal à partir, car on s’attache aux personnes. Cela devient comme une famille. J’ai dû quitter tout un monde, celui de l’enseignement. J’ai souffert de cette rupture, même en sachant que j’étais à la retraite, qui était pour moi synonyme de vacances, puisque je n’avais plus rien à faire. Quand on est jeune, on se plaint, car on a trop de travail ; on se dit « il faut faire ceci, il faut faire cela » et puis quand cela prend fin c’est triste. Petit à petit, je m’y suis habitué, même si j’ai quand même bien regretté. J’ai remarqué qu’il y avait des avantages à être libre. J’avais ma famille, des enfants, des petits-enfants. On s’habitue vite à ne rien faire et à s’occuper des autres.


Je travaillais au lycée Marie Curie à Strasbourg. Quand je suis partie à la retraite, mes collègues m’ont organisé une fête de départ. Par la suite, on avait toujours l’occasion de se retrouver par exemple lors des fêtes du lycée ou bien des départs à la retraite des uns et des autres, événements auxquels j’étais souvent invitée. J’y participais, mais cela n’était plus pareil, car l’environnement change très vite. En effet, les gens connus autrefois ont été nommés ailleurs et ont été remplacés par des inconnus.


A côté de mon métier, j’avais une autre passion. En effet dans ma jeunesse, j’étais une grande sportive. Je faisais du tennis et de la natation. Concernant le tennis, nous nous retrouvions régulièrement, avec mes camarades pour jouer ensemble. Ce n’était pas simplement le fait de jouer au tennis qui me plaisait, mais également l’environnement. Pour exercer ce sport, il faut avoir du temps et se lancer quelques années pour apprécier, suivre le jeu. Pour bien jouer, il faut s’y donner. Il ne faut pas essayer de faire un peu de tennis, mais vraiment rentrer dans le monde du tennis et participer à toutes les activités. Pour les tennismen, cela signifie jouer au tennis, mais aussi organiser des regroupements, ainsi que des fêtes. C’est une passion qui m’a apporté bien du plaisir. Quand j’ai arrêté, cela m’a beaucoup manqué."


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