Ma vie au travail

Un témoignage de ,
Mémoire recueillie à


Je suis née le 13 mars 1922. J'ai été élevée depuis toute petite à l'école libre de Nay, l'école privée. J'y suis restée jusqu'à l'obtention du certificat d'études j'avais 12 ans. Quand on était puni, je ne l'ai jamais été…ceux qui étaient dissipés on les mettait dans la cours avec le bonnet d'âne 1h de temps. (rires)


Ma mère venait de Bruges, elle avait créé son commerce de sandales à Nay avec mon père. Seulement mon père est décédé en 1929 j'avais 7 ans. Elle a alors continué à faire marcher le commerce mais pas longtemps. Ma mère a dû se mettre à laver le linge avec ma tante ce n'était pas comme maintenant, il n'y avait pas les machines à laver le linge. Elle venait faire bouillir l'eau à la maison et allait au lavoir savonner les habits et les rincer. Pour aider ma mère j'ai voulu travailler à l'usine juste après mon certificat d'étude mais il a fallu attendre que j'aie 13 ans. J'ai alors travaillé chez « Guiraut » des grossistes, durant 3 mois. On y faisait la fantaisie des bérets pour les enfants. C'était un travail saisonnier. En été, j'ai enfin pu entrer à l'usine chez Berchon le 2 juillet 1935. C'était une usine sur Nay. J'y travaillé en tant que coupeuse. Notre travail consistait à couper des pièces de laine pour fabriquer des robes de chambre, en été des caleçons de bain pour aller à la mer. En 1937 il y a eu des grèves, Berchon a donc fermé définitivement. Par la suite je suis entrée chez Lepère à Nay le 23 mars 1938. J'y suis restée jusqu'à l'âge de 60 ans. J'étais bobineuse dans le textile, c'était un grand métier à l'époque. Nous avions de grosses bobines qui étaient teintes chez Lepère, une fois teintent nous faisions les bobines on pouvait trouver de petites mesures, d'autres plus grandes qui partaient pour le tissage à Coarraze. Une fois là-bas ils les mettaient sur les cadres à alourdir pour en faire des pièces. Les bobines étaient alors prêtes pour le tissage. On pouvait fabriquer des services de table par exemple.


On n'était pas nombreuses à y travailler, il y avait deux belles sœurs et j'étais la troisième. J'y suis restée jusqu'à ce que je tombe enceinte j'ai manqué pendant 4 ans ½, 5 ans, j'aidais ma mère à faire des sandales tout en gardant mes enfants ; il fallait mettre la toile sur la semelle et ficeler. Puis j'ai repris le travail, mes enfants n'avaient qu'un an de différence. Ma mère me les gardait pendant que j'étais au travail. J'ai toujours fait le même travail jusqu'à mes 60 ans.



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