Lutter pour son pays: un devoir
Je m’appelle Lucien Pelletier, je suis né à St Berain sous Sanvigne en 1925. J’ai un frère et une sœur qui sont décédés suite à une maladie pulmonaire. Mon second frère, quant à lui, travaille toujours dans ma ville natale où il est fermier et possède une centaine de têtes de bétail. Mon père est mort pendant la guerre, quand j’avais trois ans, et ma mère s’est remariée. J’ai toujours eu de très bonnes relations avec mon beau père. En ce qui concerne mon parcours scolaire, j’ai quitté l’école à 16 ans faute de moyens. Quelques années plus tard, la guerre a éclaté. J’ai donc décidé de m’engager dans les Forces Françaises de l’Intérieur car j’avais envie de libérer la France du régime Nazi. Les souvenirs qui me restent de cette période, sont ceux de la très bonne qualité de la nourriture et l’esprit de camaraderie qui y régnait.
Cependant, durant cette période, la vie était beaucoup plus difficile qu’à l’heure actuelle car nous étions placés dès le plus jeune âge en face de nos responsabilités. La victoire de la France fut un immense espoir pour des millions de gens. Lutter pour mon pays était un devoir et si j’étais assez jeune pour le faire, je le referais aujourd’hui.
Le conseil que je pourrais me permettre de donner aux plus jeunes est de s’accrocher aux valeurs morales qui leur ont été transmises, par leurs parents et par les personnes plus expérimentées. Il est vrai qu’à certain moment, j’ai l’impression que notre jeunesse est loin de toute préoccupation. Elle semble s’échapper lorsqu’il s’agit de prendre des responsabilités. Aujourd’hui, il y a plus de moyens en terme économique qu’auparavant ; cependant la perte de certaines valeurs nous rend individualistes et centrés sur nous-mêmes.

