Les plages du débarquement
Mémoire recueillie à
On rentre dans la chambre de Marie, son appartement est bien rangé, on y retrouve des meubles de son ancienne habitation, ces affaires qui sont des souvenirs très importants pour Marie. Elle nous invite à nous asseoir sur deux chaises, face à son lit. Marie s’installe sur celui-ci et on commence...
« Je m’appelle Marie je suis née a Ancenis en Loire Atlantique, le 22 Août 1922.
J’ai passé mon enfance et ma vie à Ancenis. Cette ville était ma ville, je m’y sentais bien.
Je garde un bon souvenir de l’école, je n’ai pas trop eu à me plaindre même si certains professeurs étaient plus ou moins souples et puis ce n’était pas la même époque, on les craignait. J’ai passé mon certificat d’études en primaire car c’était obligatoire et le brevet élémentaire et enfin le brevet supérieur.
Je n’ai pas été jusqu’au bac car comme tous les hommes étaient réquisitionnés pendant la guerre, il manquait de la mains d’œuvre à la mairie d’Ancenis, de ce fait on est venu me chercher. J’ai d’abord travaillé à la mairie d’Ancenis en tant que secrétaire mais je distribuais aussi les cartes vestimentaires et les cartes alimentaires. Les horaires étaient souples à l’époque, on ne travaillait pas le samedi donc on en profitait avec des amis pour aller voir les matchs mais à l’époque les sociétés organisaient des bals pour ramener de l’argent, alors on allait au bal. On ne voulait même pas aller au buffet car on ne voulait pas rater une danse, on ne faisait jamais banquette ! (Marie se mis à sourire)
Avec mes amis on voyageait souvent ensemble, évidement c’était des petits voyages en Andorre par exemple, où je me souviens avoir fait de magnifiques randonnées. Mais le plus le beau voyage que j’ai fait c’était sur la plage du débarquement en Normandie. C’était en 1951 durant la période de reconstruction qui a suivi la guerre, on a donc pu voir les vestiges de la guerre car pendant cette période les axes routiers et les ponts étaient prioritaires.
J’y suis allée avec mon mari et mon fils, nous n’y sommes restés que deux jours mais nous avons quand même eu le temps de bien visiter. Je me souviens de ce voyage en particulier parce qu’en fait, on ne savait pas grand chose de ce qu’il s’était passé. Il n’y pas les même moyens de communication à l’époque. En effet, nous n’avions que les journaux et très peu d’information à la radio. Tout ce que nous savions c’est que le ciment était devenu un nerf important pour la France à cause de la reconstruction, je le sais parce que nous en vendions dans le magasin que mon mari et moi tenions.
Ce voyage nous a permis de savoir un peu mieux ce qui s’était passé grâce a des petits films de guerre que le musée diffusait et des uniformes qui étaient entreposés. Nous étions ravis de savoir ce qu’il s’était passé.
J’ai aussi effectué de plus petits voyages très intéressants grâce à l’association « Retraités d’Ancenis » notamment à Paris ou je n’étais allée qu’une fois. Nous avons visités la capitale et ses monuments »
