Les Bambis

Un témoignage de ,
Mémoire recueillie à

Quand ma nièce partait en vacances, elle avait beaucoup d’animaux, alors j’allais les garder chez elle, et garder la maison en même temps qui se trouvait en pleine forêt. Alors elle avait des moutons, il y avait des «bambis», ils étaient coquins comme tout. Je les gardais un mois, j’allais tous les matins leur donner à manger.

Qu’est-ce que ça vous évoque?

Beaucoup de bonheur et beaucoup de tristesse. Parce que mon «bambi» est mort. Mais beaucoup de bonheur parce que j’ai passé des moments formidables avec eux.
Les moutons c’est pareil. On dit un mouton c’est un mouton, mais vous savez quand il y a un danger ou quelque chose, ils savent venir vous chercher. Un jour, j’étais à la cuisine, et j’ai entendu bêler, bêler, bêler. Et je me suis dis, qu’est ce qu’il se passe? Qu’est-ce qu’il t’arrive toi, c’est pas normal? Elle venait me chercher parce que son petit était au dessus de l’eau en train de se noyer. Et elle tapait du pied comme ça : «tac-tac-tac» devant la porte pour que je la suive. Elle m’a emmené à son petit. Je lui ai récupéré et lui ai donné, et puis moi après je suis partie.

Le lendemain, elle venait m’emmener son petit à la maison pour que je le garde pendant qu’elle allait chercher à manger. Et le surlendemain, c’était tous les bambis qui m’amenaient les petits sur la terrasse. Et ça faisait un bruit, parce que tout le monde donnait des ordres là dedans. Mais ils ne bougeaient pas. Ils restaient tranquilles jusqu’à ce que la maman revienne.

Est-ce qu’il y avait d’autres animaux à part les moutons et les bambis?


Le «bambi» il faisait toujours que des bêtises, lui. Il profitait qu’Agnès était dehors, et il rentrait dans la cuisine pour aller prendre de la salade, des choses comme ça…et il se mettait bien à la porte et il mangeait bien sa salade. Il savait qu’il allait se faire gronder mais c’est pas grave, c’était un jeu pour lui. Moi je lui disais «T’as qu’à pas laisser ta porte ouverte!!». Il savait, il la suivait des yeux, il regardait tout ce qu’elle faisait et dès qu’il la voyait s’éloigner un peu, hop, il rentrait. Il était coquin. Il y avait les chats, il y avait les chiens, alors tout les matins on emmenait promener tout le monde en forêt. On se faisait quelques kilomètres pour commencer la journée. C’était pas mal. Parce que les chiens ça court.

Et vous aviez quel âge quand vous les gardiez?


Je devais avoir 50 ans à peu près. Je suis venue dans la région pour garder ma petite nièce qui avait 18 mois, et qui a 17 ans maintenant. Le temps passe…

Vous êtes originaire de quelle région sinon?

Du Nord. J’ai grandi là-bas, au bord de la plage. Ce qui n’était pas désagréable. L’été on passait nos journées à la plage. On mangeait à la plage, on goûtait à la plage on faisait tout à la plage.

J’ai vu qu’à l’entrée de votre chambre il y a des nœuds de bateau, est-ce vous en avez déjà fait?

Oh quand j’étais jeune oui, mais c’était pas ma tasse de thé, j’était plutôt malade. ça, ça représente un port. Moi, je le trouve animé ce tableau. C’est un endroit, où, quand nous allions dans la ville, on s’arrêtait avec les bus. A cet endroit là, on allait chercher les petits gâteaux. Quelques fois, j’essaie de compter les pêcheurs et j’essaie de compter les bateaux mais c’est pas facile, parce que ça bouge tout le temps. Même les yeux ne se posent jamais au même endroit.

Vous avez encore de la famille dans le nord?

Oui, j’ai une sœur et deux nièces, une qui a même un petit garçon de 4 ans et une petite fille de 4 mois que je ne connais pas. D’ailleurs le petit m’a téléphoné pour savoir s’il pouvait venir me voir à Bordeaux. J’ai dit oui. «J’arrive tout à l’heure», il a dit. J’ai dit : «non quand même pas, t’es loin tu sais!»
Lui, il se rend pas compte. Il croit que Bordeaux est à côté.

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