« Le tissage, c’est ma vie »

Un témoignage de Ghislain Petit,
né(e) le 23 septembre 1929
Mémoire recueillie à

Toute ma vie professionnelle est en lien avec le tissage. J’ai commencé par un apprentissage à l’institut professionnalisant de Roubaix à l’âge de treize ans. J’ai donc appris durant quatre années toutes les techniques de fabrication et de tissage des différents tissus.



Mon diplôme en poche, à l’âge de 17 ans, j’ai débuté ma carrière en tant qu’employé de fabrication dans un tissage de Roubaix. Mon travail consistait à décomposer des morceaux de tissu. Nous travaillions exclusivement la laine comme matière première. Cette dernière était d’abord filée en laine peignée. Une fois la laine propre et filée, elle est naturellement blanche et écrue, vient alors la phase de la teinture où l’on plonge la laine dans une solution colorante avant de la remettre à sécher.


Une fois la laine apprêtée, donc lavée, arrive l’étape du tissage : on entrecroise sur un métier à tisser les fils de laine peignée. Les fils disposés dans le sens de la longueur de la pièce de tissu constituent la chaîne, les fils disposés dans le sens de la largeur forment la trame. On obtient à partir de là des pièces de tissus. Une pièce de tissu vendue par le tissage mesurait environ cinquante mètres, mais on ourdissait à 60 mètres pour être sûr d’atteindre les cinquante imposés. Pour vous donner un exemple, pour fabriquer un costume pour homme, cela nécessitait une coupe de tissu de 3m20 sur 1m50.


Après dix à quinze années passées en tant qu’employé de fabrication, on pouvait devenir chef de fabrication, c'est-à-dire chef de trois ou quatre employés. J’ai fini ma carrière en tant que directeur d'une entreprise textile. Il ne reste pratiquement plus rien maintenant de nos entreprises textiles sur Roubaix, tout est fabriqué ailleurs.


En parallèle de ma passion pour le tissage, j’ai aussi toute ma vie joué du violon.

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