La vie de Marie-Rose au camp d’Air France

Un témoignage de Marie-Rose Linon,
né(e) le 23 mars 1937
Mémoire recueillie à

J’habite dans le petit village de Penne très pittoresque dans le Tarn, depuis toujours. J’ai mes racines très très profondes dans ce village et dans cette région. Euh… je suis née dans une famille de quatre enfants et mon père était fils unique et donc j’apprécie mon village et les alentours surtout depuis que je suis à la retraite, parce que j’ai plus de temps. Avant j’avais une propriété, je faisais des ménages, l’été, je travaillais comme cuisinière pendant vingt deux ans dans un camp d’Air France qui est tout près de chez moi, à dix minutes à peu près. Donc il y avait les fenaisons, le troupeau de moutons et puis j’avais en plus, de huit à dix heures par jour au camp d’Air France, donc c’était un moment très occupé, très dur. Mais bon c’est passé c’était très très, c’était très enfin pour moi le camp d’Air France ça a été dur bien sur, mais ça m’a beaucoup apporté. J’ai vécu des choses très intenses avec des personnes de notre milieu, j’ai côtoyé des ados formidables aussi qui me l’on rendu bien sur aussi. Et je suis à la retraite maintenant et très contente d’y être. Auquel je profite énormément de mon temps et je ne m’ennuie pas parce que je suis très valide d’abord mais aussi très battante et j’adore mon jardin, j’adore voir pousser mes fleurs autour de ma maison et c’est vrai qu’il y a certaines personnes qui mon dit : « toi et tes fleurs ! » mais je dis « oui. J’adore mes fleurs comme quelqu’un aime fumer ». Mais j’en fait profiter toutes les personnes qui passent aussi. Pour la vie avant la technologie, oui, moi je me souviens ; maman, faisait sa lessive dans le grand cuvier avec la lessive deux fois par an seulement, au printemps et en automne et avec les draps de toute la famille, donc nous étions deux et quatre, huit dans la maison. Donc quatre enfants, les grands-parents et les parents donc il y avait dix, et même plus, une vingtaine de draps, des gros draps d’autrefois en lin que maman mettait dans le cuvier, elle les lavait avant, elle mettait un gros drap et des cendres de bois dessus. Elle faisait bouillir de l’eau dans une grosse chaudière et elle faisait la rotation eau chaude sur les cendres et elle re-puisait la lessive et elle le remettait dans la chaudière et elle faisait ça pendant cinq heures, et après fallait aller au lavoir rincer et mettre un grand cordon pour porter le poids de tout ses draps pour les faire sécher. Enfin bref, ça s’est passé dans les années 53, 55 les dernières fois puis après on avait les lessiveuses avec les produits. Ça allait beaucoup mieux avec le champignon qui arrosait. Et puis les machines à laver sont sorties mais je n’avais pas les moyens de me la payer, c’est qu’en 78, 79 (que j’ai pu). Alors, le congélateur, moi, j’avais le congélateur en 1984, c’est sur, c’est quand même bien. J’avais des réserves puis je faisais venir mes poules et mes lapins, donc je faisais des réserves bien sur, mais je suis très active, je faisais beaucoup de chose au jour le jour. Mais si, ça m’a apporté, mais le plus c’est le frigo. Ah ! Le frigo, par contre là, je l’ai toujours. Si je vous disais, je l’ai eu 6 mois avant la naissance de mon second enfant. C’est-à-dire en 1963.Avant, on faisait beaucoup de bocaux stérilisés. On était nombreux, on faisait les repas au jour le jour. Moi, ça m’arrivais d’avoir des amis ou des parents qui venaient au temps des fenaisons, qui sont venus comme ça, qui nous on aidé et j’allais dans la cour, j’attrapais un poulet, je le plumais, je le faisais cuire dans les deux heures suivait. Voilà. Il y avait toujours des volailles et des lapins. Moi je ne me souviens pas d’avoir acheté de la boucherie. On allait acheter une bouillie pour la fête, pour une occasion, c’est tout. On n’allait jamais à la boucherie. On ne savait pas ce que cela voulait dire un steak. On vivait de nos produits. Donc après pour conserver l’été, on avait la cave, on avait un sous sol avec une cave et un garde mangé pour pas que les mouches aillent dessus. Les loisirs maintenant? Alors, moi je suis d’accord pour tous les jeux qu’il y a, pour la télé et tout ça, mais il faudrait savoir choisir, il faudrait savoir trier. Les enfants passent beaucoup de temps devant la télé. C’est bien, ça leur apporte énormément. Ils sont mûr, beaucoup plus que dans notre époque. Ils sont ouverts à la vie. Mais moi, j’ai un regret par rapport à ça, c’est qu’ils n’ont pas suffisamment de contact avec les personnes, avec les grands-parents, qui ont beaucoup de savoir aussi. Ils perdent un sens humanitaire, avec tout ces trucs. Je suis pour, mais autrefois on avait beaucoup plus de contact, on apprenait beaucoup de choses. Moi j’ai des petites filles qui viennent, qui apprennent, qui me regarde faire dans le jardin, qui savent comment élever un poulet, qui savent écouter la chanson d’un oiseau. J'ai travaillé tout le temps et les joies c’étaient les fêtes du village, Noël. Mais la fête du village c’était le plus grand truc. Il y avait aussi la fête de la vendange. Donc c’était la fête en travaillant, mais c’était quand même la fête, parce qu’on invitait les parents, les amis, les voisins. On était une trentaine et c’était une grande rigolade.

array(0) { }