Il se sont rencontrés pendant la guerre
-Je suis Madame KRETZ. J’habite Saint Paul de Mamiac. Je suis née le seize mai dix-neuf cent trente-quatre. Dans ce même village, j’y ai fais ma communion, je m’y suis mariée et j’y ai été baptisée.
-Je suis le mari d’Huguette KRETZ. On a été réfugié pendant la guerre sur Vaour. C’est là que j’ai fais la connaissance de ma femme. Maintenant à la retraite, on s’est refixé ici à Saint Paul.
-Autrefois on n’avait pas d’eau.
-Le seul point d’alimentation en eau était au lavoir en bas puisqu’il y à la source. Ils allaient avec les bêtes et des barriques pomper l’eau au lavoir. Le moyen de locomotion c’était des charrettes à bœuf.
-Apres, quand on nous a emmené l’eau dans les maisons, les lavoirs ont été un peu abandonnés. Quelques années après on a prévu de refaire tout ce qui était du patrimoine du village: le lavoir, le four… Quand j’étais toute jeune, qu’il y avait le four qui était en fonction et le lavoir, dans les familles, on faisait la lessive deux fois par an. On prenait la charrette et les bœufs, on allait au lavoir et l’on faisait le linge à plusieurs. Puis on repartait à la ferme et l’on étendait le linge par terre, parce que paraît-il qu’il blanchissait et on le faisait bouillir avec les cendres de la cheminée. Deux fois par an… Les grosses lessives !
-Le four, on l’allumait pour la fête déjà, pour faire sécher les figues, les prunes… Enfin certains fruits. Chacun avait son four dans les fermes et chacun, pendant la guerre, faisait son pain.
-Parce qu’il faut savoir que jusqu’aux années cinquante, cinquante-cinq, même soixante les gens vivaient des produits de la ferme. Ils n’allaient pas tellement à la boucherie, ils n’avaient pas les moyens. Alors ils ramassaient les pommes, des anciennes variétés, ils les mettaient dans le blé.
-Les œufs, on les conservait dans de l’eau et du sel.
-On se déplaçait à pied ou en vélo. On allait à Vaour, on allait à Penne chercher le pain, on allait à la messe le dimanche…
-Dans les fêtes !
-Il y avait un car qui passait par semaine pour aller à Montauban et sinon la micheline en bas.
-Chaque ferme avait son cochon. Ce n’était pas deux ! On faisait les saucissons, les pâtés… Il y en avait pour l’année. Chaque exploitation avait son lopin de vigne, donc ils avaient leur vin. C’était une piquette, mais bon chacun faisait son vin ! Apres ils distillaient la grappe et ils faisaient l’eau-de-vie. Alors donc ils avaient à peu près tout ce qu’il fallait, un peu de jardins…
-Les confits aussi ! On élevait les oies, les canards, on les gavait et puis on faisait les confits. Et l’on ne mangeait pas de la viande tous les jours ! C’était que le dimanche.
-Et après ils faisaient la gerbière. Ils mettaient les gerbes de blé entassés pour que ça ne prenne pas l’eau. Alors ils faisaient les meules, c’était bien fait. Après la batteuse passait dans chaque maison. Et là, c’était des repas ! On sortait des poulets tous ce qu’on voulait ! Ils faisaient trois battages dans la journée, ça faisait trois repas différents !Le maïs aussi, ils le ramassaient, ils le rentraient à l’automne et l’on défaisait les coques. Ils appelaient ça les espeloucades. Et là, c est pareil, c’était des réunions de tout le patelin. C’était le vin chaud ou le vin nouveau, c’était les châtaignes. C’était convivial. Ils faisaient les crêpes… On passait une soirée comme ça.
-Autrefois il y avait pas mal de familles ici et pendant la guerre il y a eu pas mal de réfugiés.
-Et après la guerre, les gens n avaient pas de quoi se nourrir ici, il a fallu qu’ils aillent vivre ailleurs. Donc les familles sont parties, les enfants avec.
-Oui, tout a évolué.
-Après, il y a eu le ramassage scolaire donc tout le monde s est mis à Penne.


