Education, travail et vie amoureuse
Mme. Péré !
Je suis née le 19 mai 1922 à Bordeaux. C’est en 1949 que je suis arrivée à Marseille. On habitait la rue Sénac. C’est la rue des racoleuses, il y avait une boîte de nuit pas loin qui s’appelait « Le Versailles ». Bordeaux comparé à Marseille c’est une ville snob.
Je n’avais pas de famille nombreuse. Seulement mon père qui travaillait dans la fonte et qui s’est battu pour avoir sa retraite en 1936. Une mère au foyer qui faisait un peu de couture, mon petit frère de 4 ans mon cadet, et moi l’aînée.
J’ai gardé un très bon souvenir de mon enfance malgré la sévère éducation que j’ai reçu. Par exemple, ma mère chronométrait le temps que l’on mettait pour faire le chemin école-maison. Ou bien je n’avais pas le droit de sortir sauf à 18 ans où j’ai pu sortir seulement la journée. Les filles ça ne courent pas les rues. Je n’avais pas mon mot à dire c’était comme ça. L’éducation que j’ai eue était bien différente, je me rend compte que les mômes maintenant peuvent tout faire.
Je n’ai pas fait de grandes études. Après avoir obtenu mon certificat d’étude qui est l’équivalent du brevet j’ai trouvé un poste de dactylo à 17 ans dans une société qui vendait de l’alcool. Mon travail consistait à taper les factures. J’ai décidé de travailler en tant que dactylo par choix et par nécessité, il fallait aider mes parents. A cette époque, fallait transpirer pour gagner son pain.
J’ai quitté le domicile familial lorsque je me suis mariée le 7 juin 1949 à l’âge de 27 ans. J’ai rencontré mon époux chez des amis. De temps à autres on se réunissait chez les copains pour passer du bon temps, parler de tout et de rien.
Mais ma relation n’a jamais été vraiment romantique, ce n’était pas son genre. Le soir fallait que je sois à l’heure, avec lui il n’était pas question de traîner, il était très jaloux. Je pense que nous nous sommes mariés trop vite.
Quand j’étais jeune je n’ai pas beaucoup voyagé avec mes parents par faute de moyen. Cependant mon meilleur souvenir de voyage reste cette découverte du Canada avec ma fille chez l’habitant après avoir accueilli un ressortissant canadien qui participait à un échange France/Canada. J’aime beaucoup ce pays, la culture et l’éducation n’est pas la même et puis c’est très chaleureux.

