Du pays de l’oncle SAM à l’Extrême-Orient
Mémoire recueillie à
« Je m’appelle Paul Merceron, je suis né à Brion Prés Thouet situé entre Montreuil Bellay et Thouars dans les Deux Sèvres. Mes parents, grands-parents et arrières grands-parents étaient cultivateurs. J’ai vécu dans une ferme jusqu’à l’âge de douze ans. Je suis né en 1920, j’ai donc 90 ans.
Quand j’étais petit, j’étais à l’école communale de Brion Prés Thouet jusqu'à ce que j’obtienne mon certificat d’études. Je garde de ces années un bon souvenir. Mes parents ont tout fait pour que, mes frères, mes sœurs et moi recevions une bonne éducation.
Apres mon certificat d’études, mes parents m’ont inscrit au collège Mongazon à Angers. J’ai fait sept ans d’internat dans ce collège jusqu'à l’obtention de mon baccalauréat. A cette époque, on rentrait chez nous pendant quinze jours une fois tous les trimestres. On avait le droit à la visite de nos parents une fois par mois à condition d’avoir de bonnes notes.
Après mon baccalauréat, j’ai continué mes études de droit à l’université Catholique de l’Ouest. J’ai eu une licence en droit puis j’ai obtenu mon certificat de doctorat. Je n’ai jamais fait ma thèse car c’est à cette période que j’ai connu celle qui est devenue ma femme. On s’est plu, on s’est aimé, on s’est marié et les enfants sont arrivés ensuite. Une autre raison pour laquelle je n’ai pas fait ma thèse est que mon professeur de droit pénal, qui était aussi le doyen de la faculté m’a fait savoir qu’on cherchait quelqu’un dans une entreprise à Niort. Je suis allé voir les patrons de cette entreprise et ils m’ont dit : « On vous embauche ». Je suis rentré dans cette entreprise pour faire de la comptabilité industrielle. Je n’y connaissais rien, mais je me suis dit que j’allais apprendre. J’y suis resté 12 ans. Mon droit ne m’a servi à rien sauf à être classé au même niveau que les ingénieurs dans l’usine Péchiney Cégédur. J’ai travaillé dans la même entreprise jusqu'à ma retraite en 1980.
M. Merceron évoque à présent ces voyages. Tous les voyages que nous faisions étaient des voyages familiaux puisque j’ai cinq enfants. Il a fallu tous les nourrir, les instruire, les élever. Jusqu’à ce qu’ils soient autonomes nous n’avons pas pu nous permettre, ma femme et moi de réaliser des voyages en couple. Nous partions donc en vacances dans ce qu’on appelle « des maisons familiales ». Ces maisons accueillent des familles ayant des enfants. (Elles leurs proposent des hébergements collectifs mais aussi différents services et animation). Suivant les maisons familiales, les familles peuvent être locataires, en demi-pension ou en pension complète). Elles ont un système de garderie qui nous a permis, à ma femme et moi de nous accorder un peu de temps libre. Ensuite, une fois que nous avons pris notre retraite et que les enfants ont pris leur envol nous avons pu voyager rien que nous deux.
Nous demandons alors à M. Merceron si un voyage l’a marqué plus que les autres.
Oui beaucoup de voyages m’ont marqué. J’ai d’ailleurs ici avec moi deux albums de photos de mes vacances. Notre premier voyage important avait pour destination les Etats-Unis. Nous avons visité toute la partie ouest de ce pays pendant environ trois semaines. Ensuite, nous avons quitté l’organisme de voyage qui rentrait en France pour passer une semaine à New York et une dizaine de jours au Canada chez des amis de ma femme. En effet, lorsqu’elle était à l’école elle entretenait une correspondance avec cette femme canadienne. Dès lors, elle a toujours gardé un contact avec cette dame. Nous avons profité de notre voyage en Amérique pour aller la voir.
Nous sommes allés également à Bangkok, Bali ou encore Singapour. Ca a été vraiment très intéressant. Il s’agissait en général de grands voyages qui duraient au minimum trois semaines. Les voyages que nous réalisions se faisaient par l’intermédiaire de Tours Opérators et en avion. Nous sommes allés également au Portugal, au Maroc, en Afrique Noire…
C’est difficile de dire quel voyage a été le plus marquant pour moi. Ils étaient tous tellement beaux. Je dirai peut être l’Extrême-Orient (partie orientale de l’Asie) et les Etats-Unis. Nous choisissions de faire des voyages organisés car, lorsque la langue du pays visité n’est pas la même que la nôtre c’est plus simple. De plus, nous choisissions les destinations de nos vacances en fonction de nos coups de cœur ou en regardant les informations. Nous déterminions la saison à laquelle nous allions voyager en fonction de la température du pays. Les saisons en hémisphère sud sont inversées par rapport à notre hémisphère. Ainsi, il était préférable, parfois, de partir en hiver de la France.
Ce que j’ai découvert avec beaucoup de plaisir durant ces deux voyages c’est la vie locale. Dès que nous pouvions nous éloigner un peu du groupe nous allions à la rencontre de la population.
Aujourd’hui je n’aimerai pas effectuer de nouveaux voyages à l’étranger. Je n’en ai plus forcément l’envie. Peut-être que j’aimerais me rendre chez ma fille à Fréjus. Elle insiste souvent pour que j’aille lui rendre visite. J’ai encore ma voiture. Mes enfants me disent que ce ne serait pas sérieux de faire un si long trajet avec mon véhicule. Je sais que je pourrai le faire mais je reconnais qu’ils ont raison.
Comme M. Merceron a cinq enfants nous lui demandons s’il leur a transmis le goût du voyage. Mon aîné est un voyageur. Depuis qu’il est à la retraite, il effectue chaque année cinq à six grands voyages. Il est allé il n’y a pas très longtemps en Mongolie par exemple. Il fait également partie de l’association Anjou Madagascar et par ce biais se rend régulièrement à Madagascar. A présent, je continue à voyager à travers eux. »
Pour terminer l’interview M.Merceron nous montre les photos qu’il a prises lors de ces différents voyages.
