Des souvenirs heureux

Un témoignage de Marie-Christine Troutet,
né(e) le 4 août 1950
Mémoire recueillie à


Marie Christine Troutet est née le 4 août 1950 à Langon, c’est « une enfant du pays ».Très intéressée par l’histoire locale, c’est les bras chargés d’illustrations que Marie Christine est arrivée.


Elle nous raconte :


Je n’ai jamais connu le commerce fluvial, j’étais bien trop jeune. J’ai pu voir à quoi cela ressemblait grâce aux photos que j’ai récupérées. Les bords de Garonne à Langon ont bien changé ces dernières années, beaucoup de choses ont disparu, comme les lavoirs, le puits artésien ou le pont. »


C’est dans la bonne humeur qu’elle continue :


« Lorsque j’étais enfant, on se baignait dans la Garonne du côté de Saint Macaire, dans un carré délimité par des pierres. On n’avait qu’à traverser le pont pour s’y rendre. C’était notre piscine municipale ! Malheureusement certains se sont noyés et depuis les baignades se sont vues interdites.


Les pêcheurs étaient très nombreux. Autrefois la pêche se pratiquait avec de grands filets, comme deux ailes de papillon, surnommés « le Birol ».


La Garonne fut le théâtre de nombreux évènements :


« J’ai assisté à plusieurs inondations, et j’ai remarqué qu’au fil des années celles-ci se sont amoindries. Je me souviens de la crue de 1965 mais celle qui m’a particulièrement marquée est celle de 1981. Tous les bords de Garonne étaient inondés ainsi que la route de Bazas ou encore le rond-point du Viaduc. Tout était recouvert d’eau ! J’habitais en bord de Garonne et à chaque inondation on troquait notre voiture contre une barque. A cette époque beaucoup de maisons étaient en hauteur. On profitait donc de cet avantage pour s’abriter à l’étage. Ceux qui étaient plus proches de la Garonne se barricadaient derrière des planches en bois que l’on surnommait des « batardeaux». Quelle aventure ! Mes souvenirs climatiques ne s’arrêtent pas aux inondations. En effet, au cours de l’hiver 1956 la Garonne a gelé comme jamais ! On pouvait contempler des morceaux de glace se déplacer au gré des courants.


Des courses hippiques se déroulaient sur les bords de Garonne au domaine Les Vergers. Il y avait aussi la fête de la Saint Jean. Je me souviens encore que tout le monde tentait de braver les feux de la Saint Jean ! Dans le temps, les bords de Garonne étaient très ombragés, les mères se rencontraient avec leurs enfants, les gens aimaient se retrouver pour papoter. Il y avait des bancs sur lesquels les gens papotaient. »


C’est avec un sourire discret que Marie-Christine poursuit:


« Au niveau des berges, il y avait les trois ponts : on jouait à cache-cache car il y avait beaucoup de feuillage. On a appris à faire du vélo dans les chemins en pente et on protégeait les poteaux électriques avec des copeaux de bois récupérés par le père d’un copain qui à l’époque était ébéniste. On se confectionnait des jeux, des chariots avec des roulettes et on faisait la course : la rue Armand Dumeau était notre terrain de jeux favori.»


Mélancolique elle reprend :


« A ma connaissance, les principaux travaux effectués sur les bords de Garonne ont été la démolition des lavoirs pour construire la halle des marchés couverts et celle du pont dans les années 70. Avant la démolition du fameux pont Eiffel, c’était l’affluence le dimanche matin. Grand nombre de familles traversait avec les paniers de pique-nique sur la rive de Saint Macaire dans l’attente des bateaux qui ramenaient les aloses toutes frétillantes. Je ne comprends toujours pas pourquoi ce pont a disparu. Il semble qu’il n’était pas assez stable, il était peut-être trop vieux. Je trouve cela dommage qu’il ait disparu, il aurait pu être gardé pour les piétons ou les vélos. Il a fallu tout démonter par tronçons, et cela a coûté très cher. J’ai aussi connu le dragage. Quel spectacle ! »


C’est sur un bon souvenir que Marie Christine conclut:


« Les bords de Garonne à Saint Pierre D’Aurillac n’étaient aménagés que sur la partie basse au bord de l’eau. Les gens se retrouvaient et mangeaient sur les tables en béton qui avaient été construites. Quelques années plus tard, la partie haute a été aménagée. Si les arbres le pouvaient, ils nous raconteraient les fêtes grandioses qui s’y déroulaient drainant des milliers de personnes. Pour beaucoup, ce lieu de convivialité a été baptisé « La Plage ».



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