« Cette consigne a peser sur toute ma vie »
De quoi avez-vous envie de nous parler ? « Actuellement, vous savez, la difficulté c’est que, du fait de mon âge, de ma situation familiale, je n’ai pas de centre d’intérêt. Quelque chose qui me fasse, chaque matin, me réveiller prêt à affronter un taureau. Effectivement quelque soit ce que je puisse envisager, je n’arrive pas à nouer un scénario et je me lasse et c’est pas du tout dans ma personnalité. J’ai été mis sur terre par ma mère qui m’a donné une consigne et cette consigne a pesé sur toute ma vie. » Et quelle était cette consigne ? « Tu dois donner le bon exemple ! Ca a conduit toute ma carrière jusqu'à ma retraite et jusqu'à ce qu’elle parte. Le décès de mon épouse a sonné le glas de mon dynamisme parce que ma tache était terminée. » Quel niveau d’études avez-vous atteint ? « Je suis devenu ingénieur et je suis rentré « limite » aux arts et métiers d’Aix en Provence, à 17 ans. Je suis rentré alors que je n’avais jamais touché à un téléphone. Ma première épreuve c’était de téléphoner pour travailler (rires), mais c’est comme ça. J’ai fais une carrière dans la métallurgie, tout simplement parce qu’il y a eu la guerre qui m’a gâché mes 5 premières années de 1938 à 1945. » Et comment avez-vous vécu cette période, qu’était la guerre ? Mal. Mal, parce qu’on était toujours aux aguets, c’est contraire à ma personnalité de loyauté, d’enthousiasme… J’étais considérablement marqué par les mouvements jeunes. Ces derniers m’ont marqué et m’ont permis d’expérimenter mon contact avec les autres. Je bénéficiais d’une capacité d’entrainement due à la formation militaire, due à la formation physique et morale. Tout de suite après la libération, dans les entreprises, on s’est peu occupé de nous donner des connaissances en matière de civisme parce qu’on avait, quand même en 1944, un sacré handicap à remonter après cette période de cache- cache. Je ne suis pas parti en Allemagne. J’ai eu une pleurésie pendant mon adolescence si bien que j’ai du prendre des précautions pour éviter d’être atteint par la tuberculose qui était le mal difficile à cette période.


