» C’était une fraternité que maintenant il n’y a plus! «
C'est Aimé Crensac, je suis né à Penne, enfin dans la commune. Maintenant il n'y a pas beaucoup de monde, tout c'est perdu avec le progrès. Autrefois on marchait beaucoup à pied, le facteur quand il partait il faisait tout à pied. Il y avait des sentiers, c'est lui qui les faisait bien souvent. Il en faisait des kilomètres, le facteur, à l'époque! La commune est grande il y en avait deux qui avait de grandes tournées, ils faisaient au moins quinze kilomètres par jour à pied, il n'y avait pas de véhicule. Quant aux premiers vélos, il y avait ma tante et elle disait: « méfies toi, méfies toi, il y a un homme sur deux roues là bas qui arrive et il va t'écraser! » Un homme sur deux roues elle disait! Ça me faisait rire! C'est à dire, c'est après la guerre que tout s'est enchaîné. Ce que j'ai trouvé pratique aussi c'est la machine à laver, ils lavaient à la main autrefois, je me rappelle ma mère elle faisait bouillir des cendres dans la cheminée. Des cendres, elle faisait bouillir! Puis après elle laissait reposer et puis, cette eau, elle la mettait dans la lessiveuse et puis bon elle lavait le linge comme ça. On avait un lavoir là bas, on se lavait le dimanche matin dans une cuvette, on mettait de l'eau chaude et puis on se frottait, se lavait comme ça, une fois par semaine. Maintenant il y en a qui prenne des douches trois fois par jour. On n’avait pas l'eau au robinet comme maintenant. Si on n’avait pas l'eau courante on ne pouvait pas se servir d'une machine à laver. La première que j'ai achetée, je l'ai acheté pour la fête des mères, je l'ai acheté pour ma mère. Et alors il l'avait apporté, je connaissais le bonhomme et alors j'y ai dis :
- « Tu peux l'apporter dimanche matin pour la fête des mères? »
- « Ah oui oui! » il me dit et il l'a apporté pour ma mère qui me dit :
- « Qu'est ce que c'est ça? » je lui ai dit tu le verras et alors il l'a installé et après :
- « Oh mais j'avais pas besoin de ça, qu'est ce que tu m’as acheté là, j'avais pas besoin!" Et après quand elle s'en est servie je lui ai dit :
- « Je la revends? » et :
- « Oh non », elle me dit :
- « Ca va bien ça! », elle trouvait pratique ça oui.
Tout est pratique, tout! Et il y avait la fraternité à l'époque. On était entre nous serviable, on s'entraidait, et on se voyait. On allait à la chasse. Maintenant c'est que la jalousie, il se tuerait. A l'époque on se trouvait :
- « Hé, comment tu vas, tèh bla bla bla », on se trouvait on se serrait la main; maintenant ils se tueraient s’ils le pouvaient. Et à l'époque on allait à la pêche et :
- « Bonjour comment tu vas! » On se disait. C'était une fraternité que maintenant il n'y a plus.


