« C’était sûr, on le reverrait jamais… »

Un témoignage de Jacqueline Vanrapenbusch,
né(e) le 14 mai 1926
Mémoire recueillie à

« Ayant huit frères et sœurs, ma mère était mère au foyer afin de pouvoir s’occuper de nous. Quant à mon père il était chef de gare à Saint Waast. Etant l’aînée, c’est moi qui me suis occupée de mes frères et sœurs car ma mère était souvent malade. Durant mon enfance et encore aujourd’hui mes frères et sœur m’ont toujours considérée comme leur maman. Nous étions une famille très soudée.


En mai 40, les allemands sont arrivés donc mes frères et sœurs, ma mère et moi devions nous cacher dans la cave. Notre père lui, avait été appelé pour aller à la guerre. Nous sommes partis direction la Bretagne.


Mon oncle nous a répondu que papa était parti avec le dernier train des archives et que son train avait été bombardé. « Vous en auriez déduit quoi ? » Nous en avons donc déduit qu’il était décédé. Tous les jours maman pleurait. C’était sûr on ne le reverrait jamais. Et puis, tout d’un coup, deux mois après, on a vu papa arriver. J’étais heureuse, je me suis presque évanouie, on s’était fait à l’idée qu’on ne le reverrait pas.


Nous avons voulu rentrer, mais du côté de Compiègne. On s’est fait arrêter par les allemands. Ils nous ont enfermés dans une pâture. Là-bas, ça se passait très mal car on faisait la queue le midi pour avoir une tranche de pain avec une soupe. Les soirs, on dormait par terre. Un matin, deux trois personnes ont essayé de se sauver. Alors ils ont ramassé tous les adultes. Les allemands ont braqué leurs armes sur tous les adultes et faisaient de grands discours. Par la suite, nous avons appris par une personne qui connaissait l’allemand que la prochaine fois ils tueraient tout le monde. Je crois qu’il n’aurait pas fallu qu’il y en ait d’autres qui essayent de partir. Plus personne n’a essayé par la suite. Peu de temps après, nous avons été libérés. »

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