» Ma mère me disait : Tu dois donner le bon exemple ! «
Monsieur Barbeyrac a eu une carrière remarquable. Après un CAP ajusteur de 12 à 15 ans, il passa les concours de l’école pratique des Arts et métiers d’Aix en Provence, à 17 ans pour obtenir un Brevet industriel d’ingénieur, durant 3 ans en internat.
Le régime physique était sévère et important car il travaillait en moyenne douze heures par jour. École fondée par Napoléon 1er, donc sous un régime militaire. Il effectua un stage aux Etats-Unis, afin de perfectionner son anglais. Il aurait aimé faire carrière dans la marine militaire en tant qu’ingénieur mécanicien, mais il y a eu le désastre de 1940.
D’après lui, il y a deux choses importantes, soigner sa santé pour faire face à la dureté de la vie et du travail, ainsi que bien connaître son métier et savoir comment l’exercer avec les autres.
« Il faut savoir répondre aux besoins dans le travail et non quand on a envie. Il faut savoir se faire respecter pour soi et son travail »
Son premier emploi était dans l’entreprise Lippmann, spécialiste en fabrication de boîte de montre et de mécanique. C’était une aventure extraordinaire car il dût transformer une vinaigrerie en atelier de mécanique, avec quelqu’un d’expérimenté et d’autodidacte. Il allait voir les fournisseurs à vélo, puisque le réseau téléphonique n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui.
Cette expérience fut interrompue par la mobilisation des jeunes sur des chantiers jeunesse durant 4 mois, ce qui lui a permis d’apprendre la vie en collectivité, le travail d’équipe, la discipline et le civisme.
Ainsi il put expérimenter sa capacité au commandement et à encadrer un personnel. Cette expérience passionnante lui permit d’accéder au poste de cadre ingénieur.
Il travailla pour la société Usinor de 1944 à 1981, en changeant parfois de lieu de travail. A Thionville, à Sedan puis à Paris où il termina sa carrière. L’avantage des grandes entreprises c’est qu’il y avait plus de possibilités d’évolution.
En 1944 il travailla dans la sidérurgie avec un personnel autodidacte, qui sortait de l’école à 14 ans, et était mal vu puisqu’il sortait d’une école supérieure. Ils ont essayé de le dégoûter de son travail, car ils se connaissaient tous et lui était nouveau donc devait faire sa place.
Il passa un an à bien connaître l’entreprise et son personnel, il visita tous les services et appris comment l’entreprise tournait avant de se faire accepter.
De 1953 à 1968 il était à la forge de Thionville.
De 1968 à 1980 il exerça à Sedan, dans la métallurgie, à la tête d’un établissement de 800 employés. Il termina sa carrière en 1981 en tant qu’assistant à la direction générale de Paris, pour l’activité qui se trouvait à Thionville et à Sedan.
Aujourd’hui la Société à été racheté par les Suédois et s’appelle Akers.
En 1988, il décida de créer et de gérer le groupe Malakoff Médéric en Drôme Ardèche (Valence et Aubenas), en constituant une liste avec une soixantaine de personnes faisant partie du groupe. Aujourd’hui ils sont plus de 250 membres. Ce groupe a été créé pour éviter l’isolement et l’abandon des personnes âgées.
Monsieur Barbeyrac est quelqu’un qui était passionné par son travail, et qui a toujours été juste et humain envers ses employés. Ces valeurs lui ont été transmises par sa mère qui lui disait toujours « tu dois donner le bon exemple ».
Citations :
« Penser à la personne humaine, pour faire en sorte de valoriser les gens et soi même »
« Un travail c’est une leçon de modestie car on le fait à sa mesure avec les hommes »
« Il faut agir pour bien faire, avec l’esprit d’entreprise, de sacrifice, penser à l’humain pour une valorisation, un enrichissement mutuel »
« Un rôle social assumé est une vie propagée »
« A valoriser les uns et les autres on ne perd pas son temps ni son argent, on s’enrichit mutuellement »


